Une équipe de chercheurs a identifié trois médicaments repurposés qui pourraient être efficaces pour traiter le COVID-19.

Toutes les données et statistiques sont basées sur les données publiquement disponibles au moment de la publication. Certaines informations peuvent être obsolètes.

Dans une nouvelle étude, les scientifiques ont trouvé trois médicaments disponibles auparavant qui pourraient être efficaces pour traiter le COVID-19 dans ses premiers stades.

Cette recherche, qui paraît dans la revue ACS Pharmacology & Translational Scienceest précieuse pour aider les chercheurs à identifier les candidats au traitement pour les essais cliniques.

Traitements du COVID-19

Le SRAS-CoV-2 et sa maladie associée, le COVID-19, ont eu un effet profondément négatif sur les économies mondiales, la culture, la vie quotidienne des gens et, surtout, sur leur santé.

À ce jour, plus de 1 150 000 décès dus à cette maladie ont été enregistrés. Il existe également de plus en plus de preuves anecdotiques des effets négatifs à long terme qu’elle peut avoir sur la santé des personnes qui se remettent de la maladie initiale.

En raison de la létalité du COVID-19 et du fait que la maladie est hautement contagieuse, les scientifiques se précipitent pour développer un vaccin. Cependant, produire des vaccins qui soient également sûrs et efficaces prend un temps considérable.

Selon un rapport paru dans The Lancetil faut en moyenne 10 ans pour développer un vaccin. Même si les experts ont considérablement accéléré la recherche en raison de l’urgence de la pandémie mondiale, le rapport note qu’il faut parfois plus de 18 mois pour développer, fabriquer et distribuer un premier vaccin aux populations du monde entier.

Par conséquent, les scientifiques ont mené des recherches sur des vaccins et des traitements potentiels susceptibles de réduire le risque de décès d’une personne atteinte de la maladie.

Cela implique généralement la réadaptation de médicaments déjà disponibles qui pourraient également être efficaces pour traiter le COVID-19. C’est important car, tout comme la mise au point d’un vaccin efficace, la découverte de nouveaux médicaments capables de traiter le COVID-19 peut prendre beaucoup de temps.

À ce jour, le seul médicament repurposé qui a montré des signes d’efficacité est le remdesivir, initialement développé pour traiter Ebola en 2014.

Cependant, une importante étude récente de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a révélé que le remdesivir n’a aucun effet significatif sur la mortalité liée au COVID-19.

Par conséquent, il est particulièrement urgent d’identifier des médicaments efficaces que les experts peuvent réorienter pour traiter le COVID-19.

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Approche alternative

Dans ce contexte, les scientifiques à l’origine de la présente étude ont adopté une approche différente dans la recherche de médicaments potentiellement efficaces à réaffecter.

En général, lorsque les scientifiques recherchent des médicaments à réutiliser, ils utilisent une technique appelée criblage à haut débit (HTS). Cette technique consiste à automatiser le test de nombreux médicaments différents, ce qui permet un processus beaucoup plus rapide que le recours à des équipes humaines. Les chercheurs analysent ensuite les résultats à l’aide d’un ordinateur.

Toutefois, selon l’équipe chargée de l’étude, la fiabilité et la précision du système HTS pourraient poser problème. S’appuyant sur un article paru dans la revue Schémasils notent qu’il y a eu peu de chevauchement dans les médicaments potentiellement efficaces identifiés dans les études HTS.

Dans leur étude, les scientifiques ont plutôt utilisé un protocole de criblage virtuel basé sur les ligands (LBVS) pour identifier les médicaments susceptibles d’agir de manière similaire à l’hydroxychloroquine.

Les études montrent que l’hydroxychloroquine est efficace contre le SRAS-CoV-2 dans les expériences en éprouvette, même s’il est peu probable qu’ elle soit efficace dans la vie réelle.

Il est important de noter que les scientifiques ont vérifié leurs résultats dans des expériences en éprouvette et qu’ils les ont ensuite soumis à des tests indépendants pour s’assurer de l’exactitude de leurs résultats.

Trois médicaments identifiés

Après avoir utilisé le LBVS pour étudier environ 4 000 médicaments, puis vérifié leurs résultats, les scientifiques en ont identifié trois qui pourraient être efficaces contre le COVID-19 et qui, selon eux, devraient faire l’objet d’essais cliniques.

Il s’agit de l’amodiaquine, un médicament antipaludéen, du zuclopenthixol, un antipsychotique, et du nébivolol, un médicament contre l’hypertension.

Les scientifiques estiment que ces médicaments pourraient être particulièrement efficaces s’ils sont associés au remdesivir ou au favipiravir, un médicament antiviral.

Comme le dit le professeur Tudor Oprea, auteur principal de l’étude, professeur de médecine et de sciences pharmaceutiques et chef de la division d’informatique translationnelle de l’université du Nouveau-Mexique :

« Pensez-y comme à un jeu de tape-taupe. Au lieu d’avoir un marteau, vous avez deux marteaux, ce qui est plus efficace. Nous essayons de donner à la communauté scientifique deux marteaux au lieu d’un seul. »

Comme le montrent le remdesivir et l’hydroxychloroquine, un médicament peut être efficace dans une éprouvette tout en étant inefficace dans la vie réelle. Dans le cas de ce dernier, les risques du traitement peuvent être supérieurs aux avantages.

Néanmoins, si les scientifiques parviennent à identifier un traitement efficace contre le COVID-19, cela pourrait réduire considérablement le taux de mortalité de la pandémie actuelle. La première étape pour y parvenir est donc d’identifier les candidats potentiels au traitement.

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