| Si
s’arrêter est si difficile, c’est que la dépendance du fumeur est double : physique
et psychologique. Physique d’abord : la nicotine contenue dans la fumée inhalée
crée une véritable dépendance. Comme la drogue, la cigarette engendre un besoin
irrépressible. Son manque entraîne des troubles physiques : stress, sensation
de faim, nervosité… L’arrêt nécessite un sevrage plus ou moins facile. Mais
la dépendance est également psychologique. Fumer implique un rituel lié à certains
gestes de la vie : la pause-café, la fin du repas… C’est aussi un acte social
qui permet de se donner une contenance. Pour mettre toutes les chances de votre
côté, il est impératif d’être vraiment motivé et de demander conseil à votre pharmacien
ou à votre médecin pour vous aider sur ce chemin ardu. Sans motivation suffisante,
le fumeur va droit à l’échec ! « IL FAUT SE MOTIVER !
» On ne le répétera jamais assez. A vous de trouver de bonnes et
solides raisons d’arrêter. Ce peut être le souhait de faire des économies,
le ras-le-bol d’être surtaxé sur le paquet de cigarettes, et bien sûr, le souci
de votre santé… Sans elles, vous risquez de craquer et de replonger. En
fait, pour s’arrêter de fumer, il faut d’abord bien se connaître. Aussi, pensez
à identifier les situations où vous fumez dans une journée, et évaluez votre dépendance
avec le test de Fagerström (voir encadré). Apprenez aussi à faire la part
entre les cigarettes plaisir et celles liées à l’habitude (lorsque vous êtes au
téléphone, par exemple). Les méthodes de sevrage Parmi
les nombreuses méthodes proposées pour vous arrêter de fumer, sachez faire le
tri entre les arnaques (publicités mensongères), les méthodes possibles mais à
l’efficacité non prouvée scientifiquement, et les autres, celles qui ont fait
leurs preuves. Les substituts nicotiniques du type patch, inhaleur, gomme ou
comprimé à sucer appartiennent à cette dernière catégorie.
Ces substituts
nicotiniques, en vente libre en pharmacie depuis janvier 2000, remplacent la
« mauvaise » nicotine par de la « bonne » qui arrive seule, sans aucun autre produit
chimique dans l’organisme. Ils renforcent les chances de réussite du sevrage.
En effet, si l’on peut arrêter sans aide, le taux de succès est doublé par
la substitution nicotinique qui, par ailleurs, divise par trois la souffrance
et les effets secondaires du sevrage (agressivité, état de manque, frustration,
troubles du sommeil, comportement boulimique). Le patch, qui fournit la nicotine
par diffusion transcutanée, doit être posé le premier jour de l’arrêt. La dose
de départ sera définie en fonction de votre degré de dépendance et devra être
réduite petit à petit, jusqu’à l’arrêt du traitement. Le patch est destiné
à des personnes qui ressentent le besoin d’être protégées, alors que les gommes
à mâcher ou les comprimés à sucer sont plutôt à envisager en cas de dépendance
faible ou d’intolérance au patch, et à tous les fumeurs qui éprouvent le besoin
de contrôler leur sevrage. La période de substitution varie de quelques semaines
à plusieurs mois selon les personnes. Le bupropion est en vente en France depuis
septembre 2001. Délivré uniquement sur ordonnance, il ne contient pas de nicotine
mais intervient directement sur les centres cérébraux mis en cause dans la dépendance
et l’apparition des symptômes de manque.
L’efficacité du bupropion est
établie : il réduit le syndrome du sevrage. Le traitement dure généralement
entre 7 et 9 semaines. Il met un peu plus d’une semaine avant d’agir et, durant
cette courte période, il est possible de fumer très modérément (à l’inverse des
substituts nicotiniques).
D’après les études publiées à ce jour, on évalue
à 30% le taux de réussite du sevrage. Attention, le bupropion a une fonction
antidépressive, sa prise n’est donc pas anodine. La dépendance physique à
la cigarette ne dure guère plus de trois semaines à compter du premier jour de
sevrage. Ce qui veut dire qu’après cette période, ce n’est plus le corps qui réclame
sa dose de tabac, mais l’etat psychologique. La plupart des méthodes alternatives
apportent avant tout un soutien. Empiriques, elles ont pour nom : acupuncture,
auriculothérapie, homéopathie, mésothérapie, hypnose ou thérapies de groupe. Aucune
de ces méthodes n’est à rejeter. Bon nombre d’entre elles font d’ailleurs
partie de l’arsenal thérapeutique des centres de tabacologie qui existent un peu
partout en France. Vous pouvez les essayer si vous pensez qu’elles vous aideront.
Dans tous les cas, demandez conseil à votre médecin Certains laboratoires ou
certains professionnels de santé sont capables d’assurer un suivi thérapeutique
personnalisé, ce qui constitue une aide supplémentaire. Statistiquement, au
bout d’une année d’abstinence, Les risques de rechute sont très faibles, de 4
à 5%… alors, courage, la persévérance finit toujours par payer ! Internet
: quelques adresses utiles : • www.stop-tabac.ch • www.cam.org • www.sante.gouv.fr •www.nuitgrave.ch (site Internet destiné aux 14-18 ans) •www.cnct.org la
cigarette, une usine chimique Goudrons, mercure, acide cyanhydrique
et acétone… une fois la cigarette allumée, une véritable usine chimique se met
en route. La combustion provoque la formation de très nombreux composants nocifs
pour l’organisme et plus de 40 d’entre eux sont classés comme cancérigènes. Des
gaz toxiques (monoxyde de carbone, oxyde d’azote, acide cyanhydrique, ammoniac)
et des métaux lourds (cadmium, mercure, plomb, chrome) sont aussi présents dans
la fumée de tabac, et compte tenu de leur faible taille moléculaire (diamètre
étant compris entre 0,1 et 1 micron) les particules peuvent pénétrer dans les
alvéoles des poumons et exercer toute leur nocivité.
S’arrêter
sans prendre de poids La prise de poids n’est pas inéluctable quand
on stoppe la cigarette. En moyenne, elle est de 2,8 kg chez les hommes et
de 3,8 kg chez les femmes. Chassons les idées fausses : ce n’est pas le fait
d’arrêter de fumer qui fait grossir mais le fait de fumer qui empêche de grossir. Cette
prise de poids peut être minimisée par le respect de règles diététiques et par
la pratique d’exercices physique. Concernant votre régime de la période « après-tabac
» : réduisez les graisses, et en particulier les graisses saturées (apportées
par les charcuteries, le fromage, les viandes grasses et toutes les viennoiseries)
mais préservez un apport suffisant en protéines (fournies par les viandes maigres,
le poisson, les laitages). Pensez à réintroduire dans les repas les aliments riches
en glucides complexes et en fibres, comme le pain complet, les légumineuses, le
riz complet. Enfin, veillez à assurer des apports alimentaires élevés en vitamine
C ou mieux, absorbez un comprimé de 500mg de vitamine C, précieux anti-oxydants
et anti-radicaux libres, dont le taux est abaissé chez les anciens fumeurs.
*info
sociale : visite médicale : combien ça coûte ?
Depuis octobre,
le tarif des visites à domicile est le suivant : • patients avec majoration
pour maintien à domicile (celle-ci concerne notamment les titulaires de l’allocation
personnalisée d’autonomie et les personnes de plus de 75 ans atteintes d’une affection
de longue durée) : 30 euros y compris Paris, Lyon et Marseille. • autres patients
: visites « médicalement justifiées » : 30 euros ; autres visites : 20 euros. |
TEST
| 1.
Dans quel délai après le réveil fumez-vous votre première cigarette ? |
| Moins de
5 minutes | 3 | 6
à 30 minutes | 2 |
| 31 à 60 minutes | 1 | Après
60 minutes | 0 |
2.
Trouvez-vous difficile de ne pas fumer dans
les endroits interdits (cinéma, avion, métro, salle d’attente…) ? |
| Oui | 1 | Non | 0 |
| 3.
Quelle cigarette trouvez-vous la plus indispensable ? |
| La première | 1 | Une
autre | 0 |
| 4.
Combien de cigarettes fumez-vous par jour ? |
| 10 ou moins | 0 | 11
à 20 | 1 |
| 21 à 30 | 2 | 31
ou plus | 3 |
| 5.
Fumez-vous de façon plus rapprochée dans la première heure après le réveil
que pendant le reste de la journée ? | | r
Oui | 1 | r
Non | 0 |
| 6.
Fumez-vous même si une maladie vous oblige à rester au lit ? |
| r Oui | 1 | r
Non | 0 |
Résultats de l’évaluation
La somme des points obtenus à chaque question indique le degré de dépendance
physique à la nicotine : De 0 à 2 : Pas de dépendance De 3 à 4 : Faible
dépendance De 5 à 6 : Dépendance moyenne De 7 à 10 : Forte ou très forte
dépendance
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