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| Notre
mode de vie nous ménage peu. Au travail comme à la maison, les causes de stress
sont multiples. Si le stress est un phénomène normal, inhérent à la vie, il est
pourtant aujourd’hui accusé de tous les maux. A tort ou à raison. Quoi qu’il en
soit, que faire quand les tensions s’accumulent ? Différents moyens existent pour
apprivoiser cette maladie des temps modernes |
.S’il est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre, c’est bien le stress. Ou
plutôt l’excès de stress. Celui-ci est omniprésent dans notre vie quotidienne.
Pression au travail et tensions au foyer sont le plus souvent montrées du doigt,
mais en fait une multitude d’événements peuvent déclencher des situations particulièrement
stressantes : l’incapacité à subvenir aux besoins élémentaires, le deuil,
l’insécurité, les soucis financiers, la séparation, la maladie, la solitude, les
transports, le bruit, le licenciement ou l’infidélité… la liste est longue. Le
milieu professionnel est certainement le principal vecteur de stress. Selon des
études internationales récentes, le nombre de gens « stressés » dans les pays
industrialisés a doublé en dix ans. En France, trois salariés sur quatre se disent
concernés par le stress (sondage CSA, juillet 2000), en particulier en raison
d’une surcharge de travail, de l’interdiction du droit à l’échec, de la course
effrénée à la performance ou d’une cadence trop rapide. Les femmes sont plus affectées
que les hommes, en particulier chez les jeunes mères qui doivent mener de front
la gestion des enfants et les responsabilités professionnelles. Le stress fait
partie intégrante de notre vie. Il s’agit d’une réaction normale de l’organisme
en réponse à certains événements imprévus ou d’adaptation à des changements importants.
Par exemple, face à une agression, l’organisme va réagir en libérant de l’adrénaline.
Cette « décharge d’adrénaline » augmente le débit cardiaque, aide à apporter le
sucre dont les muscles ont besoin pour nous permettre de courir. On sait bien
qu’un individu court plus vite quand il est stressé. Cependant, tous les individus
ne sont pas égaux devant le stress. Certains le gèrent facilement, d’autres pas.
Dans le travail, certaines personnes ont besoin de situations d’urgence, de conflits
ou de complexité pour se dépasser et travailler de façon efficace. D’autres, au
contraire, réagiront plus violemment à ce qui leur semble être une agression.
Les problèmes arrivent quand l’état de stress perdure. Les dépenses énergétiques
devenant trop importantes, l’individu flanche, son équilibre nerveux et hormonal
est modifié, ses défenses immunitaires perdent du terrain, ce qui le rend extrêmement
sensible aux infections, ses capacités de concentration et de productivité sont
sérieusement écornées. Sans oublier les retombées psychologiques plus ou moins
sévères (dépression, angoisse…). L’excès de stress peut entraîner aussi de
réels problèmes de santé qui dépendent des prédispositions éventuelles et des
antécédents de chacun. Un certain nombre de maladies sont souvent corrélées à
un stress trop important. Toutefois, contrairement aux idées reçues, il ne
crée à lui seul aucune pathologie. Il va plutôt être à l’origine de l’évolution
de certaines affections préexistantes telles que l’asthme, la migraine, le diabète,
etc. Le stress est mauvais pour les nerfs. Mais saviez-vous qu’il peut jouer
un rôle dans la survenue des maux du dos, surtout chez les personnes introverties
? Les hommes stressés somatisent volontiers au niveau digestif (ulcères d’estomac,
colopathies, diarrhées… ), sexuel (29% sont victimes de troubles de l’érection,
selon une enquête Louis Harris 2001) et cardiaque. Le sexe fort serait plus enclin
à développer des problèmes artériels et plus exposé au risque d’infarctus du myocarde.
En revanche, si le stress peut provoquer des poussées de tension, il ne peut être
tenu pour responsable de la survenue d’une hypertension artérielle. Les stressés
peuvent avoir aussi une prédisposition à la boulimie. Mesdames, peut-être avez-vous
remarqué que vous prenez du poids quand vous avez des soucis ? Il est prouvé que
le stress favorise l’accumulation de graisses, en particulier au niveau de l’abdomen.
Et ce phénomène est plus accentué chez les femmes minces que chez les rondes. Les
traumatismes psychologiques ont un effet déclenchant sur certaines maladies de
peau. Ainsi, l’eczéma de bébé peut être lié à une angoisse, le psoriasis peut
être en rapport avec une révolte qui n’est pas extériorisée, la pelade correspond
presque toujours à une séparation ou à un deuil et chez les femmes, à un manque
affectif. Des verrues ou un bouton d’herpès apparaissent presque toujours à la
suite d’un choc, d’un souci, ou d’une grosse fatigue.
Savoir
se blinder Pas si simple. Il est difficile d’éviter les tensions quotidiennes,
alors apprenez à les gérer ! Il n’y a pas de recette miracle, juste quelques conseils
de bon sens. Tout d’abord, ceux qui tiennent le coup en forçant sur le café, l’alcool
et le tabac, devront commencer par diminuer leur consommation d’excitants. Ensuite,
réorganisez votre vie sur un mode moins agité, accordez-vous des pauses, mangez
moins vite en prenant le temps de mâcher. Si vous avez un travail prenant, à responsabilités,
apprenez à déléguer. A la maison, n’hésitez pas à faire partager vos tâches
domestiques et supprimez toutes celles qui n’ont rien d’indispensable et vous
compliquent la vie. Mais surtout, apprenez à ne rien faire, en écoutant de la
musique par exemple. Aménagez-vous des moments bien à vous – sans enfant ni conjoint
– pour vous relaxer, mais aussi des loisirs, trouvez-vous de nouveaux centres
d’intérêt, … en un mot, faites-vous plaisir ! Si vous n’avez pas le temps ou
les moyens d’aller dans un institut de beauté spécialisé qui pratique des techniques
antistress (drainage lymphatique, bains d’ozone, réflexologie plantaire, massage
Shiatsu, etc.), de suivre des cours de yoga, de gymnastique douce ou encore des
séances de sophrologie, ni même d’aller à la piscine, chez un acupuncteur ou un
kinésithérapeute pour vous faire masser le dos, apprenez au moins à vous détendre
chez vous. Le plus simple est de s’allonger confortablement sur un lit, de
desserrer ses vêtements, de fermer les yeux et de penser à sa respiration abdominale
puis de se concentrer en pensée sur chaque partie du corps (pieds, jambes, ventre,
dos, etc.) en les contractant quelques instants avant de les relâcher complètement.
Et si vous trouvez que cet exercice de relaxation n’est pas à votre portée, vous
pouvez vous rabattre sur la prise de bains chauds agrémentés de plantes « antifatigues
» (tilleul, thym, algues…). Les médicaments peuvent donner un coup de pouce
pendant un certain temps, pour passer le cap difficile et aider à retrouver l’équilibre
: anxiolytique ou somnifère, antiasthénique, cure de magnésium (le sel « antistress
»), médecines douces : phytothérapie, homéopathie… Fatigué ou surmené, dans tous
les cas, prenez votre situation en main et demandez conseil à votre pharmacien
ou à votre médecin qui vous orienteront sur les produits les plus adaptés à votre
état.
*N’attendez pas qu’il soit trop tard
Des signaux d’alarme
doivent vous amener à réagir et à calmer le jeu, pour éviter de basculer dans
une phase d’épuisement. Ces signaux à connaître impérativement sont : la fatigue,
surtout dès le réveil, non réparée par le sommeil, les troubles du sommeil, l’anxiété,
l’irritabilité, la nervosité, les douleurs articulaires, les contractions musculaires
(courbatures du cou ou du dos, crampes), les troubles sexuels (baisse de libido),
les pertes de mémoire (oubli, erreur). | *L’info
sociale
Où actualiser les informations
de sa carte Vitale ? Réponse : Dans l’une des 126 caisses primaires d’assurance
maladie (cpam) mais aussi dans les centres de traitement qui en dépendent, plus
rarement dans leurs agences locales. Un certain nombre de bornes de mise à jour
sont également installées dans certains lieux publics (centres commerciaux, hôpitaux…).
Pour avoir la liste de ceux implantés à proximité de chez vous, adressez-vous
à la cpam à laquelle vous êtes affilié. Autre possibilité, si vous ne pouvez pas
vous déplacer : adressez par courrier à celle-ci votre carte vitale et les
informations à rentrer dans la puce (naissance d’un enfant, suppression d’un bénéficiaire,
etc.). | Vrai ou faux
1. Un déséquilibre alimentaire
favorise le stress 2. Le chocolat et les sucreries sont des aliments anti-stress 3.
Le stress entraîne des carences en vitamines et en oligo-éléments
Réponses
: 1.vrai, 2.faux, 3.faux. | | | Par
le Docteur Rémy Clément | n°2
octobre / novembre 2002 |
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