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| Nous
passons un tiers de notre vie dans notre lit ! Indispensable à notre équilibre,
le sommeil doit faire l’objet de tous les soins. Retour sur un moment essentiel. |
Le sommeil est longtemps resté un mystère mais aujourd’hui, grâce à l’enregistrement
électroencéphalographique des ondes émises par le fonctionnement des cellules
cérébrales, son architecture n’a plus de secret. Cette activité comporte plusieurs
cycles qui se répètent plusieurs fois dans la nuit (5 à 6 fois). Un cycle comporte
lui-même plusieurs stades. Il est précédé d’une période d’éveil calme préparant
l’endormissement. Chaque cycle est entrecoupé d’un réveil imperceptible (phase
de sommeil intermédiaire). Pendant la première phase, appelée « sommeil lent »,
le dormeur passe par quatre stades. C’est généralement à partir de la première
période du stade II que l’on considère un sujet comme définitivement endormi.
Les stades III (sommeil établi) et IV (sommeil lent profond) représentent chez
un bon dormeur 20 % du temps de sommeil. Cette première phase permet une récupération
physique et métabolique de l’organisme.
La seconde phase, ou sommeil
paradoxal, permet la récupération psychique et la mémorisation des informations
de la journée. C’est au cours de cette phase que l’on rêve. Généralement, on ne
se souvient que du dernier rêve, à condition de se réveiller au cours ou à la
fin du sommeil paradoxal. Le sommeil lent profond se situe surtout en début de
nuit, alors que la durée des périodes de sommeil paradoxal s’allonge progressivement
au cours de la nuit. Bâti sur cette succession de cycles, le sommeil est réparateur
si et seulement si ces cycles se succèdent harmonieusement. Il n’y a pas de règle
absolue concernant le nombre de cycles : certaines personnes se sentent bien avec
3 cycles par nuit, pour d’autres il en faudra 6 ou 7.
âge
et sommeil Le sommeil n’a pas la même durée chez tous les sujets. La
moyenne de 8 heures chez l’adulte est, en fait, variable. Les petits dormeurs
(moins de 5 heures) ne sauraient être considérés comme des insomniaques. En fait,
la durée idéale est celle qui ne laisse pas fatigué le matin ou somnolent la journée.
Chez le nouveau-né, veille et sommeil alternent au cours des 24 heures.
La durée totale du sommeil est comprise entre 15 et 18 heures et celle du sommeil
paradoxal varie entre 6 et 8 heures, soit près de 50% du sommeil total. Entre
2 et 5 ans, la durée du sommeil va progressivement diminuer : 14-15 heures à 1
mois, 11-12 heures à 1 an, 9-10 heures à 10 ans. La sieste est souvent nécessaire
pour compléter le repos nocturne jusqu’à l’âge de 6 ans.
Chez le sujet
âgé, il est fréquent d’observer une diminution du sommeil avec production de périodes
de somnolence durant le jour et périodes d’éveil durant la nuit. Le sommeil profond
(stades III et IV) disparaît et la durée du sommeil paradoxal est plus courte.
Les troubles du sommeil Les troubles du
sommeil sont très fréquents et peuvent concerner tous les âges de la vie. Vers
2-3 ans, l’enfant est souvent curieux, excité et les troubles du sommeil augmentent.
Il faut donc éviter une ambiance bruyante et un manque de régularité dans l’horaire
du coucher. Chez l’enfant plus grand, les tensions nerveuses excessives avant
le coucher, telles que des films violents, peuvent provoquer des cauchemars. Le
cycle de 10-15 ans est caractérisé par l’irrégularité des horaires et des temps
de sommeil, du fait des rythmes de l’école.
Chez l’adulte, les anomalies
du sommeil, dominées par les insomnies, touchent aujourd’hui 20 à 30 % de la population.
La prévalence de l’insomnie varie de 1,6 % avant l’âge de 20 ans à plus de 40
% après 65 ans.
Leur signification et leur gravité sont très variables
car de nombreux facteurs psychologiques ou organiques peuvent en être responsables
: • des causes somatiques : affections douloureuses ou dyspnéiques (avec
difficulté respiratoire, l’asthme par exemple), maladies infectieuses, troubles
endocriniens, abus d’excitants (café, thé), asthénies ; • des causes psychiques
: états névrotiques et psychotiques, environnement socioprofessionnel difficile…
; • des causes iatrogènes (effet excitant de certains médicaments : amphétamines,
antidépresseurs non sédatifs, antihypertenseurs, corticoïdes…).
Selon
l’horaire de survenue de l’éveil nocturne, on distingue différents types d’insomnies
: • L’insomnie initiale : ce trouble, lié à une difficulté d’endormissement,
est le plus fréquent et donne un sommeil non réparateur. Il survient en particulier
chez les sujets dérangés dans leurs habitudes du soir (contrariété, bruit…) ou
ressassant des pensées par incapacité à désynchroniser leur cerveau pendant le
temps habituellement nécessaire à l’endormissement. • Les insomnies de fin
de nuit se caractérisent par un réveil précoce. Ces insomnies tardives se retrouvent
chez les individus à tendance dépressive ou lors de certains désordres physiologiques
(gastro-duodénaux par exemple). • Les insomnies lacunaires donnent un sommeil
entrecoupé de phases d’éveil qui empêchent d’atteindre la profondeur de sommeil
utile à une bonne récupération. Ce type d’insomnies touche les personnes âgées
et celles souffrant d’affections douloureuses ou anxiogènes. • Les sommeils
décalés : la période de rythme veille-sommeil dure en général 24 heures. Mais
certaines personnes (10% des cas) s’en écartent. Ce décalage de l’horloge interne
de notre organisme est très handicapant.
Est-on obligé
de prendre un somnifère pour mieux dormir ? Face à une insomnie et
en dehors de son traitement étiologique, le médecin est souvent amené à prescrire
des hypnotiques. La plupart du temps, il s’agit de benzodiazépines dont on connaît
bien maintenant les effets secondaires (accoutumance, dépendance, perturbation
du cycle du sommeil, trouble de la mémoire…).
Cependant, les derniers-nés
des hypnotiques, appartenant à d’autres classes, ont réduit ces désagréments.
Dans tous les cas, ils doivent être pris sous contrôle médical. Seule l’insomnie
occasionnelle due à une cause ponctuelle peut être traitée par automédication,
en demandant conseil au pharmacien.
Par ailleurs, ce professionnel de
santé peut vous orienter sur des traitements médicamenteux sans risque de dépendance
pour vous aider à vaincre une insomnie chronique légère, à réaliser un sevrage
de benzodiazépines ou encore à retrouver une bonne hygiène de vie, condition primordiale
pour garder un bon sommeil. Parmi ces différents moyens disponibles, la phytothérapie
occupe une place de choix. De nombreuses plantes peuvent être conseillées et sont
efficaces dans différents types d’insomnies : aubépine, houblon, mélisse, passiflore,
escholtzia, tilleul, valériane…
Quelques conseils
d’hygiène de vie
• éviter la sieste ou la grasse matinée
qui compromet l’endormissement du soir suivant, même si l’insomniaque se sent
fatigué ; • se réveiller et se coucher à des heures régulières, même en l’absence
de contrainte sociale ou professionnelle ; • s’imposer une activité matinale
régulière et/ou sportive • ne pas rester au lit sans dormir, ce qui signifie
ne pas aller au lit sans avoir sommeil, se lever pour vaquer à une quelconque
activité lors des éveils nocturnes ou si l’endormissement semble impossible ;
• pratiquer des exercices de relaxation ; • prendre un bain ou une douche
tiède ; • aérer sa chambre, éviter les températures trop élevées ou trop
basses ; • éviter les excitants du SNC, la suralimentation, la sous- alimentation
et ne pas abuser de l’alcool. | info sociale sécurité
sociale : enfants rattachés aux deux parents divorcés
| Les parents divorcés ou séparés peuvent
tous deux, en principe, rattacher leurs enfants sur leur propre compte de sécurité
sociale et les inscrire simultanément sur leurs deux cartes Vitale. Dans les faits,
ce droit est inégalement appliqué. Mais cette situation devrait s’améliorer car
les organismes sociaux ont reçu des recommandations pour délivrer aux demandeurs
une attestation papier confirmant le rattachement de leur enfant. | | | Par
le Docteur Rémy Clément | EM n°7
décembre 03 / janvier 04 |
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