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dossiers > .7: Sommeil
Et vous, comment dormez-vous?
Nous passons un tiers de notre vie dans notre lit ! Indispensable à notre équilibre, le sommeil doit faire l’objet de tous les soins. Retour sur un moment essentiel.
Le sommeil est longtemps resté un mystère mais aujourd’hui, grâce à l’enregistrement électroencéphalographique des ondes émises par le fonctionnement des cellules cérébrales, son architecture n’a plus de secret. Cette activité comporte plusieurs cycles qui se répètent plusieurs fois dans la nuit (5 à 6 fois). Un cycle comporte lui-même plusieurs stades. Il est précédé d’une période d’éveil calme préparant l’endormissement. Chaque cycle est entrecoupé d’un réveil imperceptible (phase de sommeil intermédiaire). Pendant la première phase, appelée « sommeil lent », le dormeur passe par quatre stades. C’est généralement à partir de la première période du stade II que l’on considère un sujet comme définitivement endormi. Les stades III (sommeil établi) et IV (sommeil lent profond) représentent chez un bon dormeur 20 % du temps de sommeil. Cette première phase permet une récupération physique et métabolique de l’organisme.

La seconde phase, ou sommeil paradoxal, permet la récupération psychique et la mémorisation des informations de la journée. C’est au cours de cette phase que l’on rêve. Généralement, on ne se souvient que du dernier rêve, à condition de se réveiller au cours ou à la fin du sommeil paradoxal. Le sommeil lent profond se situe surtout en début de nuit, alors que la durée des périodes de sommeil paradoxal s’allonge progressivement au cours de la nuit. Bâti sur cette succession de cycles, le sommeil est réparateur si et seulement si ces cycles se succèdent harmonieusement. Il n’y a pas de règle absolue concernant le nombre de cycles : certaines personnes se sentent bien avec 3 cycles par nuit, pour d’autres il en faudra 6 ou 7.

âge et sommeil
Le sommeil n’a pas la même durée chez tous les sujets. La moyenne de 8 heures chez l’adulte est, en fait, variable. Les petits dormeurs (moins de 5 heures) ne sauraient être considérés comme des insomniaques. En fait, la durée idéale est celle qui ne laisse pas fatigué le matin ou somnolent la journée.

Chez le nouveau-né, veille et sommeil alternent au cours des 24 heures. La durée totale du sommeil est comprise entre 15 et 18 heures et celle du sommeil paradoxal varie entre 6 et 8 heures, soit près de 50% du sommeil total. Entre 2 et 5 ans, la durée du sommeil va progressivement diminuer : 14-15 heures à 1 mois, 11-12 heures à 1 an, 9-10 heures à 10 ans. La sieste est souvent nécessaire pour compléter le repos nocturne jusqu’à l’âge de 6 ans.

Chez le sujet âgé, il est fréquent d’observer une diminution du sommeil avec production de périodes de somnolence durant le jour et périodes d’éveil durant la nuit. Le sommeil profond (stades III et IV) disparaît et la durée du sommeil paradoxal est plus courte.

Les troubles du sommeil
Les troubles du sommeil sont très fréquents et peuvent concerner tous les âges de la vie. Vers 2-3 ans, l’enfant est souvent curieux, excité et les troubles du sommeil augmentent. Il faut donc éviter une ambiance bruyante et un manque de régularité dans l’horaire du coucher. Chez l’enfant plus grand, les tensions nerveuses excessives avant le coucher, telles que des films violents, peuvent provoquer des cauchemars. Le cycle de 10-15 ans est caractérisé par l’irrégularité des horaires et des temps de sommeil, du fait des rythmes de l’école.

Chez l’adulte, les anomalies du sommeil, dominées par les insomnies, touchent aujourd’hui 20 à 30 % de la population. La prévalence de l’insomnie varie de 1,6 % avant l’âge de 20 ans à plus de 40 % après 65 ans.

Leur signification et leur gravité sont très variables car de nombreux facteurs psychologiques ou organiques peuvent en être responsables :
• des causes somatiques : affections douloureuses ou dyspnéiques (avec difficulté respiratoire, l’asthme par exemple), maladies infectieuses, troubles endocriniens, abus d’excitants (café, thé), asthénies ;
• des causes psychiques : états névrotiques et psychotiques, environnement socioprofessionnel difficile… ;
• des causes iatrogènes (effet excitant de certains médicaments : amphétamines, antidépresseurs non sédatifs, antihypertenseurs, corticoïdes…).

Selon l’horaire de survenue de l’éveil nocturne, on distingue différents types d’insomnies :
• L’insomnie initiale : ce trouble, lié à une difficulté d’endormissement, est le plus fréquent et donne un sommeil non réparateur. Il survient en particulier chez les sujets dérangés dans leurs habitudes du soir (contrariété, bruit…) ou ressassant des pensées par incapacité à désynchroniser leur cerveau pendant le temps habituellement nécessaire à l’endormissement.
• Les insomnies de fin de nuit se caractérisent par un réveil précoce. Ces insomnies tardives se retrouvent chez les individus à tendance dépressive ou lors de certains désordres physiologiques (gastro-duodénaux par exemple).
• Les insomnies lacunaires donnent un sommeil entrecoupé de phases d’éveil qui empêchent d’atteindre la profondeur de sommeil utile à une bonne récupération. Ce type d’insomnies touche les personnes âgées et celles souffrant d’affections douloureuses ou anxiogènes.
• Les sommeils décalés : la période de rythme veille-sommeil dure en général 24 heures. Mais certaines personnes (10% des cas) s’en écartent. Ce décalage de l’horloge interne de notre organisme est très handicapant.

Est-on obligé de prendre un somnifère pour mieux dormir ?

Face à une insomnie et en dehors de son traitement étiologique, le médecin est souvent amené à prescrire des hypnotiques. La plupart du temps, il s’agit de benzodiazépines dont on connaît bien maintenant les effets secondaires (accoutumance, dépendance, perturbation du cycle du sommeil, trouble de la mémoire…).

Cependant, les derniers-nés des hypnotiques, appartenant à d’autres classes, ont réduit ces désagréments. Dans tous les cas, ils doivent être pris sous contrôle médical. Seule l’insomnie occasionnelle due à une cause ponctuelle peut être traitée par automédication, en demandant conseil au pharmacien.

Par ailleurs, ce professionnel de santé peut vous orienter sur des traitements médicamenteux sans risque de dépendance pour vous aider à vaincre une insomnie chronique légère, à réaliser un sevrage de benzodiazépines ou encore à retrouver une bonne hygiène de vie, condition primordiale pour garder un bon sommeil. Parmi ces différents moyens disponibles, la phytothérapie occupe une place de choix. De nombreuses plantes peuvent être conseillées et sont efficaces dans différents types d’insomnies : aubépine, houblon, mélisse, passiflore, escholtzia, tilleul, valériane…

Quelques conseils d’hygiène de vie
• éviter la sieste ou la grasse matinée qui compromet l’endormissement du soir suivant, même si l’insomniaque se sent fatigué ;
• se réveiller et se coucher à des heures régulières, même en l’absence de contrainte sociale ou professionnelle ;
• s’imposer une activité matinale régulière et/ou sportive
• ne pas rester au lit sans dormir, ce qui signifie ne pas aller au lit sans avoir sommeil, se lever pour vaquer à une quelconque activité lors des éveils nocturnes ou si l’endormissement semble impossible ;
• pratiquer des exercices de relaxation ;
• prendre un bain ou une douche tiède ;
• aérer sa chambre, éviter les températures trop élevées ou trop basses ;
• éviter les excitants du SNC, la suralimentation, la sous- alimentation et ne pas abuser de l’alcool.

info sociale
sécurité sociale :
enfants rattachés aux deux parents divorcés

Les parents divorcés ou séparés peuvent tous deux, en principe, rattacher leurs enfants sur leur propre compte de sécurité sociale et les inscrire simultanément sur leurs deux cartes Vitale. Dans les faits, ce droit est inégalement appliqué. Mais cette situation devrait s’améliorer car les organismes sociaux ont reçu des recommandations pour délivrer aux demandeurs une attestation papier confirmant le rattachement de leur enfant.
Par le Docteur Rémy ClémentEM n°7 décembre 03 / janvier 04


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