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dossiers > .5: Obésité
Obésité et surcharge pondérale
L’évolution du nombre de français obèses ou souffrant de surcharge
pondérale est inquiétante. Le surpoids n’est pas uniquement une
question esthétique, les raisons de maigrir peuvent être aussi
médicales ou même psychologiques.
Prenons-nous le chemin des américains ?
Les résultats de l'étude ObEpi 2000 sur le poids des français retentissent comme une sonnette d'alarme.
La France compte aujourd'hui 4,2 millions de personnes obèses, soit 9,6% de la population française, et 13 millions d'adultes (soit près d'un français sur trois) présentent une surcharge pondérale. Selon les nutritionnistes, la fréquence de l'obésité augmente à vue d'œil en France, avec un rythme de progression voisin de celui observé il y a quelques années en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Les prévisions indiquent - si ce problème n'est pas pris à bras-le-corps - un doublement de la prévalence dans vingt ans.
Le surpoids correspond à une augmentation excessive de la masse grasse de l'organisme. On parle d'obésité lorsque les menaces pour la santé deviennent réelles. L'obésité est une maladie chronique à l'origine de nombreuses complications. Par exemple, les risques de diabète, d'hypercholestérolémie et d'hypertension artérielle augmentent avec le volume du ventre (pour un individu moyen, au-delà de 100 cm de tour de taille chez l'homme et de 90 cm chez la femme). Un homme au tour de taille supérieur à 102 cm a quatre fois plus de risques de présenter l'un de ces problèmes qu'avec un tour de taille inférieur à 94 cm.

Suis-je obèse ? Dois-je perdre du poids ?
Ces questions vous ont sans doute effleuré ou hanté l'esprit, en particulier à l'approche de l'été. Une façon de se donner un repère consiste à déterminer son indice de masse corporelle ou IMC.

IMC = Poids(kg)/ Taille (m) x taille (m)

Par exemple, une personne faisant 59 kg pour 1,63m :
IMC = 59 kg/1,63 m x 1,63 m = 22,18

Un IMC supérieur à 30 correspond à de l'obésité. S'il est compris entre 25 et 30, il s'agit de surpoids. Et lorsque l'IMC est compris entre 20 et 25, les médecins parlent de « corpulence normale » (et de maigreur quand il est en-dessous de 18,5).

Comment maigrir ?
Pour bien comprendre les traitements de l'obésité, il faut commencer par analyser ses causes.
Elle est le résultat de facteurs génétiques, comportementaux et nutritionnels. De manière schématique, on devient obèse quand on a des gènes de prédisposition et que l'on mange trop, en restant sédentaire. S'il est impossible d'agir sur les gènes, on peut en revanche intervenir sur notre mode de vie et notre alimentation.
Mais la modification de certaines habitudes et le suivi d'un régime sont loin d'être suffisants. L'obésité est une maladie chronique et récidivante qui nécessite une prise en charge au long cours. Différentes stratégies pour maigrir existent et il convient de les mettre en place graduellement, en fonction de la gravité du surpoids et de son évolution. La première étape consiste à suivre un régime alimentaire. L'augmentation de l'activité physique est, bien sûr, conseillée à condition d'être régulière et suivie.
A long terme, elle favorise à la fois le contrôle du poids et l'amélioration des fonctions métaboliques. Un soutien psychologique en cours de traitement s'avère souvent important. Il peut être assuré par le médecin mais aussi être relayé par le pharmacien.
Mais cela peut parfois ne pas suffire. Il faudra alors avoir recours à des traitements médicamenteux.
Deux produits sont actuellement disponibles en France :
le Xénical*, qui diminue l'absorption des graisses ingérées,
et le Sibutral*, qui agit au niveau du cerveau en augmentant la sensation de satiété.
Ils sont tous deux vendus en pharmacie, uniquement sur ordonnance, et non remboursés par la sécurité sociale. Attention ! ils ne dispensent pas de suivre un régime.

Malgré ces traitements, certains patients restent en échec. Pour ceux-là, d'autres solutions peuvent être envisagées.
Il peut s'agir d'une prise en charge psychologique par thérapie cognitive et comportementale, ou encore d'une intervention chirurgicale qui consiste à insérer dans l'estomac un anneau gonflable lié à une sorte de « filet » qui va régler le passage des aliments. Leur écoulement devient plus lent et la sensation de satiété plus rapide.

Pour la chasse aux kilos superflus
Chaque année, à pareille époque, la chasse aux kilos superflus est ouverte.
C'est l'heure des bonnes résolutions : revoir son alimentation, limiter les graisses et les sucres, augmenter son activité physique… encore faut-il s'y tenir. Il y a aussi les aides-minceur. Les présentations sont multiples et variées. Vendues dans les pharmacies, parapharmacie, grandes surfaces et par correspondance, il n'est pas toujours facile de s'y retrouver.
Attention aux gélules miracles ! Heureusement, votre pharmacien est là pour vous conseiller, vous détourner de certains produits ou régimes fantaisistes lus dans la presse qui ne sont pas sans risque pour votre santé.
Les produits les plus en vogue sont les substituts de repas. Utilisés dans un régime équilibré à 1 000 Kcal au maximum par jour, ils peuvent vous aider, mais en contrepoint de vos repas allégés, et non en remplacement de ces derniers. Pauvres en calories (200 à 400 Kcal par prise) pour faire maigrir, ils sont suffisamment équilibrés pour apporter à l'organisme les éléments nutritionnels indispensables au fonctionnement de l'organisme (vitamines, éléments minéraux…).

A l'inverse, les produits hyperprotidiques (environ 80% de protéines) ne sont pas équilibrés du point de vue nutritionnel et ne peuvent à eux seuls, encore moins, constituer un repas.
La « diète protéinée » est un régime beaucoup plus strict où l'on se nourrit uniquement de sachets accompagnés de légumes. L'apport calorique quotidien chute alors à 600 Kcal. Pas question d'utiliser ces produits sans surveillance médicale. Les brûleurs de graisses ont, cette année, particulièrement le vent en poupe.
Citons également les produits qui ont une action drainante aidant l'organisme à mieux éliminer déchets et toxines et les produits riches en fibres qui, ingérés avec beaucoup d'eau, peuvent accentuer l'effet de satiété en remplissant l'estomac.


IMC : Où vous situez-vous ?
  • Si vous vous situez dans la « zone de normalité », celle du poids physiologique, vouloir perdre deux ou trois kilos peut ne pas être scientifiquement justifié, mais s'avérer très important pour l'image que l'on a de soi, ou que l'on veut donner aux autres. Sachez, cependant, que chercher à se maintenir artificiellement en-dessous de son poids physiologique est une entreprise vouée à l'échec… et qui explique probablement l'insuccès de tant de régimes ! De plus, il est rare d'être bien nourri et en bonne forme avec un IMC très inférieur à 20.
  • Si vous vous trouvez aux alentours de 25, il y a sûrement quelque chose à faire. Même si votre surpoids n'est pas encore trop marqué, il peut avoir à long terme des conséquences fâcheuses pour votre qualité de vie et votre santé. Vous avez raison de vouloir réagir.
  • En revanche, si vous vous trouvez dans la zone haute du surpoids
    - et plus encore dans celle de l'obésité
    - consultez toujours votre médecin avant de démarrer votre démarche minceur. En effet, un excès de poids va souvent de pair avec certains problèmes de santé (les maladies précédemment citées : hypertension, diabète…) qui s'améliorent quand on maigrit, mais qui peuvent aussi nécessiter un traitement spécifique.

Quelques conseils

• Déjouer les situations à risque : la solitude, l'ennui, le « pot amical » ou le cocktail, la fatigue, les repas « bâclés », la télévision… incitent à grignoter.
• ne pas sauter de repas,
• supprimer les boissons gazeuses sucrées, les alcools et la bière,
• boire beaucoup d'eau,
• planifier votre régime et vos bonnes résolutions.
• faire attention au « sel caché » (conserves, pain, fromage, charcuterie).

info sociale : Les vacances approchent

Pour vous faire rembourser des soins de santé reçus pendant un séjour touristique dans un autre état membre de la CEE, vous devez vous munir avant de partir du formulaire papier E 111.
A partir du 1er juin 2004, celui-ci sera remplacé par une carte « Vitale européenne ».
Par le Docteur Rémy ClémentEM n°5 juin / juillet 2003


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