La
grippe est une maladie le plus souvent bénigne chez les sujets jeunes et en bonne
santé mais du fait de sa diffusion parfois sous forme de pandémie, l’impact socio-économique
est énorme. Lors des épidémies annuelles, 5 à 15% de la population sont frappées
par la grippe. Les hospitalisations et les décès surviennent principalement dans
les groupes à haut risque (personnes âgées, maladies chroniques telles que les
pneumopathies, le diabète, le cancer, les pathologies cardiaques ou rénales…).
Même si ces chiffres sont difficiles à évaluer, on estime que les épidémies
annuelles entraînent entre 3 et 5 millions de cas graves et 250 000 à 500 000
décès par an dans le monde. Dans les pays industrialisés, la plupart des décès
dus à la grippe surviennent chez les personnes de plus de 65 ans (environ 2 500
par an en France).
La grippe n’est pas due à un virus unique, immuable,
mais à plusieurs types (A, B ou C) et sous-types de virus qui appartiennent au
genre influenza virus. Le type A, responsable des grandes épidémies, est de
loin le plus dangereux. Le type B est moins diffusible et provoque des infections
habituellement moins sévères. Le type C est seulement responsable de cas sporadiques
dont la clinique se rapproche plus du rhume. Le classement des virus grippaux
en différents sous-types est fonction des antigènes glycoprotéiques de surface
: hémagglutinine (H) et neuraminidase (N). Par exemple, les virus A comportent
deux sous-types importants pour l’homme : A (H3N2) et A (H1N1). Les virus grippaux
se modifient sans cesse. Ce sont les variations antigéniques, liées à des modifications
de l’hémagglutinine et de la neuraminidase qui expliquent que chaque année est
une nouvelle année pour la grippe.
Ces modifications sont connues sous
les noms de «glissement antigénique» (changements mineurs de l’hémagglutinine
et de la neuraminidase) et de «cassure antigénique» (remplacements complets de
segments de gènes). Si le phénomène de «glissement» entraîne des épidémies de
faible ou de moyenne importance, le phénomène de «cassure» est, lui, responsable
de l’apparition de nouveaux virus particulièrement pathogènes, résultant du mélange
des génomes de virus infectant des espèces différentes.
En effet, des
virus grippaux tout à fait comparables à ceux que l’on trouve chez l’homme infectent
naturellement d’autres espèces animales. L’existence de réservoirs animaux (en
particulier les oiseaux aquatiques) engendre ainsi des phénomènes de transmission
et de mutation du virus grippal. A un moment donné, un changement antigénique
favorable au passage entre deux espèces aboutit à une infection chez l’homme par
un nouveau virus.
Par trois fois au cours du siècle dernier, les virus
grippaux A ont subi des modifications génétiques majeures de l’élément H qui ont
provoqué des pandémies avec de fortes morbidité et mortalité. La pandémie la plus
tristement célèbre est la «grippe espagnole» qui, en 1918 et 1919, a tué au moins
40 millions de personnes selon les estimations. Celles de 1957 («grippe asiatique»
et de 1968 («grippe de Hong Kong») ont été également redoutables, même si elles
n’ont pas été de même ampleur. Plus récemment à Hong Kong, des observations
de flambées limitées d’un nouveau sous-type viral, le A (H5N1), se transmettant
directement de l’oiseau à l’homme (grippe aviaire), ont été rapportées en 1997
et 2003. L’année 2004 n’est pas épargnée : des épidémies de grippe aviaire sans
précédent en Asie du Sud-Est inquiètent au plus haut point les experts du monde
entier qui redoutent l’émergence d’une nouvelle souche de virus grippal mutant
ou résurgent, susceptible d’entraîner une épidémie mondiale. |  | | | Quelques
conseils en complément
des
médicaments | | •
repos au chaud,,une fatigue et une forte fièvre exigent l’alitement.
•
boire abondamment pour compenser les pertes hydriques liées à la fièvre,notamment
des tisanes ou toute autre bois son chaude qui provoque une agréable sensation
de chaleur, réhydrate et apporte un bien-être.
•
respecter une alimentation légère..
•
respecter les mesures d ’hygiène élémentaires pour diminuer le risque de transmission. |
| |
| Grippe
ou « état grippal » ? | Le
virus de la grippe se transmet facilement d’une personne à l’autre par voie aérienne,
au moyen des micro-gouttelettes et des particules excrétées par les sujets infectés
lorsqu’ils toussent ou éternuent. La transmission est facilitée dans les lieux
clos : transports en commun, collectivités...
La grippe est un terme médical
devenu tellement familier qu’elle englobe pour bon nombre d’entre nous un ensemble
de maladies qui ne relèvent pas toutes du virus de la grippe. D’autres infections
respiratoires virales aiguës provoquent les mêmes troubles que la grippe. Il importe
donc ne pas confondre ces « fausses grippes » avec la grippe authentique.
La grippe, « la vraie », est marquée par des symptômes d’apparition brutale. Le
malaise est intense : fatigue importante, frissons, fièvre élevée atteignant 39°C
ou 40°C, des maux de tête et de gorge accompagnés de courbatures qui envahissent
tout le corps, douleurs dans la nuque, le dos et les membres. Si, de plus, la
personne présente des signes broncho-pulmonaires (toux sèche), une fièvre qui,
ensuite, tombe brusquement, avant de marquer une remontée, pas de doute, c’est
la grippe !
Alors que les manifestations de la grippe sont volontiers
bruyantes, la plupart des « états grippaux » sont d’expression fugace et d’allure
moins sévère. Ils sont dus à d’autres virus que celui de la grippe, appartenant
à des familles diverses (virus respiratoire syncytial, virus para-influenza, adénovirus,
rhinovirus, etc.). Enfin, la « vraie grippe » est la seule à se manifester de
façon aussi « explosive » dans la population, par une contamination exponentielle
en un laps de temps très court. |  | | Sus
aux symptômes ! | Qu’il s’agisse
de la grippe ou d’un « état grippal », le traitement est essentiellement symptomatique.
Son but est de lutter contre la fièvre (antipyrétiques) et les douleurs (antalgiques). Les
médicaments spécifiques des symptômes respiratoires sont également justifiés :
anti-tussif, pastilles désinfectantes et adoucissantes pour la gorge…
La
vitamine C est un bon traitement adjuvant de la grippe, des « états grippaux »
et de l’asthénie associée. Les antibiotiques sont inutiles chez un sujet normalement
en bonne santé mais peuvent servir à traiter les complications. Des antiviraux
sont également disponibles et les plus récents appartiennent à une nouvelle classe.
Lorsqu’ils sont administrés avant l’infection ou aux premiers stades de la maladie
(dans les 48 heures après l’apparition des premiers symptômes), ils sont capables
de prévenir l’infection ou, si elle s’est déjà installée, de réduire la durée
des symptômes d’un à deux jours. Dans les grippes malignes, l’hospitalisation
est nécessaire (en particulier chez le sujet âgé). | | | |
Un taux de couverture vaccinale des français insuffisant | En
matière de prévention, la vaccination reste le seul moyen simple, efficace et
peu coûteux de se prémunir contre la grippe et ses complications. Chez les personnes
âgées, on pense que la vaccination diminue de 60% la morbidité et de 70 à 80%
la mortalité due à la grippe. Chez les adultes en bonne santé, le taux d’efficacité
du vaccin varie de 70 à 90%.
La mise au point du vaccin contre la grippe
est étroitement liée aux travaux du réseau mondial de l’OMS pour la surveillance
de la grippe qui regroupe 112 centres nationaux de la grippe dans 83 pays. Il
est chargé de contrôler les virus en circulation chez l’homme et d’identifier
rapidement les nouvelles souches. Sur la base des informations recueillies par
le réseau, l’OMS recommande chaque année la composition du vaccin pour qu’il soit
efficace contre les trois souches les plus virulentes en circulation.
25 années de sensibilisation ont permis de faire évoluer le taux de couverture
vaccinale des sujets à risque en France. Aujourd’hui, une proportion élevée de
sujets de plus de 65 ans se fait vacciner régulièrement (67% selon des données
du Groupe d’Etude et d’Information sur la Grippe). Mais, la France, longtemps
pionnière en matière de prévention par la vaccination grippale, a atteint depuis
une dizaine d’années un palier qu’elle ne parvient pas à dépasser. Seulement 20%
des français se font vacciner contre la grippe : ce taux est le même depuis 1992... | | | |
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