 |
|
| Connu depuis longtemps
pour son pouvoir calmant les ardeurs sexuelles, le gattilier trouve aujourd’hui
sa place dans l’équilibre du cycle hormonal. Il est principalement utilisé dans
le cadre du syndrome prémenstruel pour pallier les désagréments que réservent
bien souvent la féminité. | |
Un peu d’histoire | | Les
vertus anaphrodisiaques du gattilier étaient déjà connues
par les médecins de la Grèce antique qui concoctaient avec les graines
présentes dans la baie, une boisson pour calmer la libido. On rapporte
qu’au Moyen-âge, les moines du Sud de l’Europe consommaient les
baies pour limiter leurs pulsions… Ainsi, le gattilier est aujourd’hui
surnommé « le poivre des moines ». Son nom latin Vitex agnus
castus signifie étymologiquement « tressage » (allusion aux
branches souples) et « agneau chaste ». |
| 
|
Dompter le syndrome prémenstruel | Le
syndrome prémenstruel est un trouble qui demeure mystérieux et il
touche une majorité de femmes. Le système hormonal est certainement
impliqué car les troubles surviennent pendant la période qui précède
les règles. Toutes celles qui sont sujettes à ce syndrome typiquement
féminin en connaissent bien les symptômes : rétention d’eau,
seins douloureux, irritabilité… Le gattilier n’est pas un
remède magique mais il contribue à améliorer tous ces désagréments
passagers qui se répercutent sur le confort de vie. Voici quelques situations
où le gattilier peut s’avérer utile : vous avez l’impression
d’être gonflée avant les règles avec parfois une légère
prise de poids due à la rétention d’eau, vos seins sont plus
volumineux 4-5 jours avant les règles, vous êtes d’humeur maussade,
la moindre contrariété vous fait pleurer, vous devenez irritable…
et ce, toujours pendant cette « fameuse » période qui précède
les menstruations. D’ailleurs, il suffit qu’elles arrivent pour que
vous vous sentiez beaucoup mieux. |
| |
Au coeur de la baie | | Le
gattilier est un arbuste des bords de la méditerranée aux jolies
fleurs bleues, tirant sur le violet, disposées en grappes. Ses baies, qui
mûrissent à la fin de l’été, rappellent fortement
celles du poivre et donnent à la plante une odeur singulièrement
épicée. Ce sont également les baies qui renferment les actifs.
On y trouve principalement de l’huile essentielle et des glucosides, en particulier
la casticine et l’agnuside. Le mode d’action de ces substances n’est
pas encore élucidé. Les chercheurs pensent que le gattilier intervient
au niveau de la production de prolactine. Cette hormone favorise la lactation
et la formation du corps jaune qui joue un rôle essentiel dans l’équilibre
du cycle menstruel : • il correspond à l’évolution naturelle
du follicule contenant l’ovule libéré le 14 e jour du cycle,
• il sécrète la progestérone pour préparer la
muqueuse utérine à recevoir l’oeuf, • si l’ovule
n’est pas fécondé, les sécrétions du corps jaune
ainsi que celles d’estradiol diminuent et les règles apparaissent. |
| |
En pratique | | Généralement,
on utilise l’extrait de baies de gattilier qui se retrouve dans les gélules
de phytothérapie. Préférez les produits vendus en pharmacie,
pour une garantie de qualité. La dose moyenne journalière conseillée
correspond à 20 mg d’extrait par jour. Faites des cures pendant les
15 derniers jours du cycle, durant 2 à 3 mois consécutifs pour observer
une efficacité. |
|
| |
 |
 | PRÉCAUTIONS
D’EMPLOI | | Ne
vous traitez pas seule si votre cycle est très irrégulier ou perturbé.
Mieux vaut aller consulter pour déceler une éventuelle perturbation
hormonale ou un problè-me organique. Si aucune amélioration ne survient
au bout de 3 cycles, prenez, là aussi, rendez-vous avec votre gynécologue.
Evitez de prendre le gattilier sans avis médical si vous suivez un traitement
hormonal de substitution. | |  | |
| |
| | Par
Laure Mendel | EM n°13 juin / juillet 05 |
|
|
|
 |
|