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Mauvaise
position assise, stress, port de charges lourdes… Malmenée plus que de raison,
notre colonne vertébrale finit, elle aussi, par « craquer ». 70% à 80% des
français se plaignent ou se plaindront de leur dos alors que dans la plupart des
cas, le mal a pour origine des erreurs faciles à corriger. |
Entre la simple fatigue musculaire, le méchant « tour de rein » et la hernie discale
invalidante, les maux du dos grimpent de façon exponentielle. Leur fréquence
a été multipliée par 3 en dix ans. Du point de vue économique, les lombalgies
occasionnent en France 9% des consultations en médecine générale, 8% des actes
de radio-diagnostic, 30% des actes de kinésithérapie. Elles motivent 13% des
invalidités induites et 1,37 milliards d'euros de coûts directs en secteur libéral
(source : Observatoire national de la lombalgie aiguë).
Pourtant, face
à son médecin ou à son pharmacien, il sera toujours question de mal de dos. Un
terme générique qui recouvre plus un symptôme qu'une maladie. Le mal de dos est
souvent assimilé aux lombalgies aiguës du bas du dos ou de la région des reins. Elles
résultent la plupart du temps d'une souffrance de la colonne vertébrale lombaire
ou des muscles. On a coutume de parler de lumbago ou de « tour de rein » lorsque
la lombalgie est d'apparition brutale. Il peut être dû à un tassement vertébral
ou à un traumatisme et survient en général après un faux mouvement, à la suite
d'un effort brutal dans le travail ou les loisirs. Les lumbagos sont particulièrement
fréquents chez les jeunes, à la suite d'efforts sportifs, et chez les personnes
âgées, en raison d'arthrose vertébrale.
Dans les lombalgies, tous les éléments
de la colonne vertébrale peuvent être lésés : vertèbres, disques, articulations,
ligaments, muscles, etc. Ils peuvent alors irriter les racines nerveuses qui
sortent de la colonne vertébrale à chaque étage, on parle alors de névralgies. Par
exemple, dans la sciatique, la compression d'une racine nerveuse se manifeste
par une douleur qui gagne l'arrière de la cuisse ou de la jambe. Face aux douleurs
momentanées du dos, plus du tiers des français ne font rien et attendent que cela
se passe. Or, 10% des lombalgies aiguës évoluent vers des formes chroniques parce
qu'elles n'ont pas été signalées assez tôt au médecin et 5% entraînent une incapacité
professionnelle. Par conséquent, même si la douleur s'estompe, il faut consulter
le médecin !
La lombalgie chronique, quant à elle, est la douleur que ressentent
certains sujets qui souffrent du bas du dos de manière suffisamment fréquente
pour que ce symptôme répétitif bouleverse leur vie quotidienne, professionnelle
voire affective. L'arthrose lombaire est la cause la plus fréquente des lombalgies
chroniques. Les lombalgies ont parfois des origines surprenantes : viscérales
ou vasculaires… Le mal de dos peut aussi être révélateur d'anxiété, de stress
ou de dépression.
L'expression « porter le monde sur ses épaules » témoigne
bien que les soucis matériels et psychologiques peuvent s'extérioriser au niveau
du dos.
Un cercle vicieux de la douleur La
contracture musculaire est fréquemment rencontrée dans les problèmes de dos. Elle
peut être d'emblée douloureuse lorsque les muscles du dos ont été mal ou trop
longtemps sollicités. L'apparition d'une contracture peut aussi être secondaire
à une lésion douloureuse arthro-ligamentaire du dos. Dans un premier temps,
elle vise à bloquer la douleur. Elle participe à l'installation d'une attitude
antalgique en limitant certaines positions, certains mouvements douloureux qui
aggraveraient la lésion. Cette contraction non douloureuse évolue secondairement
vers la fatigue musculaire, le défaut de relaxation et l'accumulation de substances
entraînant la douleur. La contracture devient dans un second temps réflexe,
elle-même source de douleur. S'instaure alors un véritable cercle vicieux douleur-contracture-douleur.
Les médicaments du dos Pour briser ce cercle
vicieux, les moyens thérapeutiques font appel aux antalgiques (aspirine, ibuprofène,
paracétamol, seuls ou associés à la codéine ou au dextropropoxyphène…), aux anti-inflammatoires
et aux décontracturants musculaires. Ces médicaments sont efficaces et peuvent
d'ailleurs être combinés. Sachez que les produits administrés en piqûre ne sont
pas plus actifs que les comprimés mais qu'ils agissent souvent plus rapidement. C'est
pourquoi ces injections sont réservées aux douleurs intenses. En phase aiguë
ou subaiguë, le traitement d'une lombalgie commune n'est que symptomatique. Plus
tard ou dans les formes chroniques, il s'oriente vers des mesures à visée étiologique
et préventive des récidives.
Les autres traitements Particulièrement
indiquées dans les lombalgies d'origine dorso-lombaire, les manipulations vertébrales
visant à « rééquilibrer » le dos et à libérer les restrictions de mobilité (ostéopathie)
ne peuvent être pratiquées que par un médecin expérimenté. Elles font rapidement
la preuve de leur efficacité : les résultats commencent à apparaître généralement
au bout de trois séances. Les traitements physiques tels que la fangothérapie
(administration de chaleur par infrarouges), l'électrothérapie, les massages à
visée antalgique et décontracturante, la balnéothérapie chaude en piscine, les
techniques de physiothérapie, les exercices de relaxation, etc. ont un réel intérêt
pendant la période de douleur et de contracture. Complémentaire aux traitements
médicamenteux, la contention lombaire constitue un traitement physique de choix.
Elle contribue à soulager les douleurs musculaires lombaires en diminuant l'amplitude
des mouvements, notamment les flexions et extensions forcées qui sont fréquemment
en cause dans le déclenchement de la douleur. De plus, elle exerce une correction
posturale et augmente la pression abdominale, ce qui épargne le disque vertébral
lors de l'effort. La prescription d'une ceinture de contention lombaire est
particulièrement indiquée dans le cas de pathologies associant une souffrance
musculaire. Celle-ci doit assurer à la fois maintien et souplesse. La durée
de port peut parfois être de six à huit semaines dans les formes traînantes ou
récidivantes. A titre préventif, la ceinture est conseillée dans l'exercice de
toutes professions ou sports à risques.
En règle générale, l'utilisation
de contentions lombaires doit obéir à deux principes : port temporaire et rééducation
associée. Enfin, les mesures de rééducation fonctionnelle après la phase douloureuse
et la prévention des récidives (renforcement musculaire, apprentissage des techniques
d'économie rachidienne et d'hygiène posturale...) sont à envisager au stade de
la chronicité. Il faut penser également aux « écoles du dos » pour personnes
lombalgiques et aux cures thermales qui constituent un appoint non négligeable
dans le traitement des lombalgies chroniques, en particulier d'origine arthrosique
(Aix-les bains, Luchon, Dax, Bourbonne-les-Bains, etc.).
Quelques
conseils pour économiser votre dos
Le repos au lit
n'est, en aucun cas, un traitement du mal de dos. Les experts en rhumatologie
considèrent qu'un repos au lit prolongé peut avoir des effets néfastes en favorisant
la chronicité des douleurs et en retardant le retour à une vie normale. Dans
la mesure du possible, la poursuite des activités ordinaires compatibles avec
la douleur semble souhaitable. En cas de doute, consultez votre médecin pour savoir
si vous pouvez poursuivre ou reprendre vos activités quotidiennes.
Reprendre
rapidement ses activités : • Eviter les mouvements brusques, les efforts de
soulèvement inhabituel, les sièges de bureau sans dossier ou avec dossier ne soutenant
pas le dos, • Fléchir les genoux lorsque vous vous baissez, • Ne pas négliger
la literie, • Pratiquer des exercices d'assouplissement permettant d'entretenir
ou de retrouver une meilleure souplesse vertébrale, • Réstreindre la surcharge
pondérale, • Chez les enfants, préférer le sac à dos au cartable (sauf à roulettes), •
Pour muscler le dos, penser à la marche et à la natation. | *
info sociale : Les actes de chiropraxie et d'ostéopathie sont-ils remboursés
par la sécurité sociale ?
| Non. Toutefois, une prise
en charge est possible dans le cadre d'une consultation médicale. Certaines mutuelles
et assurances complémentaires prennent les séances partiellement en charge en
dehors de tout remboursement de la sécurité sociale. | | | Par
le Docteur Rémy Clément | EM n°4
mars / avril 2003 |
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