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plante dont les fleurs décorent nos jardins, la grande digitale est aussi cultivée
pour les besoins de l’industrie pharmaceutique pour la fabrication d’un médicament
majeur indiqué dans l’insuffisance cardiaque. |
Un peu d’histoire...
Originaire d’Europe occidentale (principalement les îles britanniques), la grande
digitale, encore appelée digitale pourpre (Digitalis purpurea), est utilisée en
Europe à partir du 16e siècle. Ses feuilles entraient dans la composition d’infusions
ou d’emplâtres pour soigner toutes sortes de maux, en particulier les blessures
et l’épilepsie. Son effet diurétique est reconnu depuis longtemps, ses propriétés
cardiaques furent d’ailleurs découvertes lors de son utilisation contre les oedèmes
du poumon. C’est seulement en 1868 qu’un Français, le pharmacien Claude Nativelle
parvint à isoler la substance active extraite des feuilles : la digitaline qui
présente néanmoins une toxicité avérée. A tel point qu’au 17e siècle, une marquise
a été exécutée pour s’en être servi d’une façon terrifiante (bague de la mort,
vêtements venimeux…) !
Une plante
ornementale Magnifique plante au feuillage foncé, la grande
digitale se remarque par ses hampes florifères pouvant atteindre 2 mètres de haut.
Elle doit son nom à la couleur et à la forme de ses nombreuses fleurs
roses, blanches ou mauves ressemblant à des clochettes allongées. Ainsi, en latin
digitus signifie doigt et digitabulum se traduit par doigt de gant. Dans le langage
courant, la digitale pourpre est également baptisée « Gant de Notre Dame », «
Doigt de la vierge » ou encore « Gant de bergère ».
Elle pousse dans
les zones tempérées jusqu’à 1 000 à 1 500 m d’altitude, en lisière de forêt ou
à l’ombre des clairières. C’est aussi une plante décorative de jardin par excellence.
La floraison a lieu de mai à septembre selon les régions et l’orientation. Mais
il faut savoir que la première année, une seule « rosette » de feuilles se forme.
Une tige florifère recouverte de poils ne s’élève qu’à partir de l’année suivante.
Une plante médicinale
Depuis maintenant près de 200 ans, la grande digitale s’utilise dans le traitement
des maladies cardiaques. Elle est encore cultivée par l’industrie pharmaceutique
pour l’extraction de sa substance active : la digitoxine (ou digitaline) présente
dans les feuilles. La digitaline est un médicament indiqué en cas d’insuffisance
cardiaque ou de troubles du rythme. Il ne peut s’obtenir que sur prescription
médicale en raison de sa toxicité. Il induit à la fois une augmentation de l’ampleur
des battements cardiaques et un ralentissement du rythme. On dit que la digitaline
agit sur le cœur selon « la règle des 3R » : Renforce, Régule et Ralentit.
À savoir la digitaline
s’emploie aussi en médecine vétérinaire, en particulier chez les chevaux.
attention à l’intoxication
Il ne faut pas se fier à la beauté de
la plante qui se révèle aussi jolie que vénéneuse ! En promenade ou dans les jardins,
surveillez bien les enfants qui se laissent facilement tentés par les fleurs pourpres
« appétissantes ». Or, la nocivité se manifeste même en cas d’absorption de très
faibles quantités (40 g de feuilles peuvent provoquer la mort). Toutes les parties
de la plante sont cependant considérées comme dangereuses. L’intoxication débute
par une irritation de la bouche et des troubles digestifs (nausées, diarrhées,…),
puis apparaissent une modification du comportement et des troubles visuels (halos
jaunes, scintillements..). S’en suivent les troubles cardiaques : le cœur ralentit
jusqu’à s’arrêter entraînant la mort.
L’ingestion de digitale représente
donc une urgence médicale : n’hésitez pas à contacter le centre antipoison le
plus proche en composant le 15 ou le 18. |
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