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Diabète, l'épidémie du XXIè siècle
Dans le monde entier, le diabète connaît une progression inquiétante.
On compte actuellement plus de 100 millions de diabétiques non insulino-dépendants. Et les prévisions pour les années 2025 dépassent les 250 millions de patients.
Auparavant désigné « diabète non insulino-dépendant » ou « diabète gras », le diabète de type 2 connaît une expansion « épidémique ». On compte actuellement dans le monde 150 millions de diabétiques de type 2 et les épidémiologistes s’accordent à estimer que la barre des 250 millions de diabétiques sera atteinte d’ici vingt-cinq ans.
La France n’est pas épargnée par cette épidémie galopante reconnue depuis 1999 par les pouvoirs publics comme une « priorité nationale de santé publique ».

D’après les enquêtes nationales, le diabète de type 2 touche deux millions de personnes dans l’hexagone (voir tableau).
Les diabétiques diagnostiqués représentent 3,35% de la population française. Un chiffre élevé, qui ne tient pas compte des diabètes non diagnostiqués et qui devrait encore augmenter dans les prochaines années, compte tenu de l’évolution démographique dans notre pays. Le nombre des diabétiques de type 2 méconnus, donc non traités, est pour sa part estimé à 800 000.
Les raisons de cette flambée (les statisticiens attendent pratiquement un doublement du nombre de diabétiques de type 2 à l’horizon 2025 en France) sont connues. La première est le vieillissement de la population, conséquence logique du Baby Boom des années 1950 et de l’allongement de l’espérance de vie. A cela s’ajoutent deux autres éléments : un mode de vie plus sédentaire et une offre alimentaire de plus en plus attractive conduisant à un surpoids voire une obésité. Il existe un dernier facteur à prendre en compte : l’abaissement du seuil diagnostique de la glycémie à jeun de 1,40 à 1,26 g/l qui devrait entraîner une augmentation de 20% du nombre de diabétiques.

Le tueur silencieux

Insidieux, le diabète de type 2 est asymptomatique. Aucune douleur, ni signes cliniques ne poussent le patient à consulter. Pendant 10 ou 20 ans, la seule anomalie est biologique (taux de glucose élevé dans le sang). De fait, le diagnostic est souvent tardif .
Et si vous étiez diabétique ? Dans un cas sur cinq, le diabète de type 2 n’est diagnostiqué qu’à l’apparition de symptômes, voire des complications.
Toute la gravité du diabète tient à ses complications à moyen et long terme qui représentent un enjeu médical majeur. Les diabétiques paient, en effet, un lourd tribut à leur maladie. Dix années de diabète peuvent avoir des conséquences lourdes sur certains organes :
  • 10% des diabétiques présentent une rétinopathie (atteinte des petits vaisseaux de la rétine).
  • 10% une néphropathie, c’est-à-dire des lésions du rein qui peuvent mener à terme à une insuffisance rénale traitée par dialyse (3%) ;
  • 8,8% des neuropathies : atteinte des nerfs, en particulier ceux des membres inférieurs, pouvant conduire à des amputations ;
  • 25% des coronaropathies : lésion des artères coronaires à l’origine des angines de poitrine et des infarctus du myocarde. Ces complications cardiovasculaires représentent, bien sûr, une cause importante de mortalité chez le diabétique.
  • 2,1% un ulcère au niveau du pied.

    Une pathologie sous-traitée
    Le diabétique de type 2 est un patient à haut risque vasculaire, et pourtant il est sous-traité. Nos autorités sanitaires ont tiré la sonnette d’alarme depuis quelques années mais les chiffres sont têtus. La prise en charge du diabète n’est toujours pas optimale : le dépistage manque d’efficacité, le suivi des diabétiques est insuffisant mais, plus grave, l’on estime que deux tiers des patients diagnostiqués ne sont pas bien traités.
    Rien d’étonnant. Le diabète de type 2 est une maladie évolutive caractérisée par une défaillance progressive de la sécrétion d’insuline, si bien qu’une escalade thérapeutique s’impose au fil des années. Le plus souvent hélas, ces ajustements thérapeutiques sont réalisés avec retard, souvent au stade des complications, et en fin d’évolution, il est souvent nécessaire de recourir à l’insuline, comme chez les diabétiques insulino-dépendants. Un traitement difficile à accepter car contraignant.
    Par ailleurs, les médicaments antidiabétiques oraux actuels ne parviennent pas à enrayer cette lente et insidieuse progression de la maladie. Leur efficacité devient insuffisante avec le temps car ils ne s’attaquent pas aux deux anomalies fondamentales du diabète de type 2 : l’état d’insulinorésistance (on parle d’insulinorésistance lorsque l’organisme devient moins sensible à l’action de l’insuline qui perd de son efficacité) et le dysfonctionnement progressif des capacités sécrétoires de l’insuline par les cellules du pancréas.

    Un nouveau médicament pour vaincre la résistance des cellules à l’insuline
    Une nouvelle page dans l’histoire du diabète est en train de s’écrire avec la mise au point du premier traitement du diabète de type 2 ciblé sur la résistance à l’insuline. Une nouvelle famille de médicaments antidiabétiques oraux va bientôt faire parler d’elle dans les cabinets médicaux et les officines : les glitazones. Leur mécanisme d’action est différent de celui des autres classes de médicaments contre le diabète. Ils restaurent la sensibilité à l’insuline des tissus périphériques (tissu adipeux, muscle…) et améliorent la fonction des cellules sécrétoires du pancréas. Agissant sur les deux anomalies clés du diabète de type II, ces médicaments stoppent le déclin naturel de la maladie.
    Déjà commercialisé aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays dans le monde, l’un d’eux, fabriqué par un grand laboratoire pharmaceutique, est en passe d’être mis à la disposition du corps médical français. Mais d’autres fabricants sont sur les rangs et s’apprêtent également à commercialiser des médicaments de la même famille qui offrent donc de nouvelles perspectives et de nouveaux espoirs aux patients diabétiques de type 2.

    Deux types de diabète

  • Le diabète de type 1 (ou insulino-dépendant)apparaît généralement durant l’enfance et l’adolescence. Ceux qui en sont atteints doivent, pour vivre, se faire tous les jours des injections d’insuline,car ils ne produisent plus ou presque plus cette hormone. Les causes de cette maladie demeurent imparfaitement connues. Il s’agit d’une affection auto-immune qui touche des sujets génétiquement prédisposés : l’organisme ne reconnaît plus les cellules qui fabriquent l’insuline et il les détruit. Le diabète de type 1 ne représente en France que 15% des patients diabétiques.
  • Le diabète de type 2 apparaît habituellement après l’âge de 40 ans. Il est beaucoup plus fréquent (85%). Il s’agit d’une maladie génétique familiale, qui s’extériorise sous l’influence de facteurs comme la surcharge pondérale et la sédentarité. Ce diabète est caractérisé par une mauvaise utilisation de l’insuline au niveau des tissus et un mauvais fonctionnement des cellules du pancréas qui sécrètent l’insuline.

    Les chiffres-clés du diabète en France

    Années
    19952000

    Type 1

    120 000140 000

    Type 2 traités *

    --
    Traitement par antidiabétiques oraux1 200 0001 520 000
    Par insuline150 000210 000
    Par régime seul300 000300 000

    Diabètes méconnus

    400 000 à 600 000800 000 **

    * Les patients peuvent recevoir insuline et/ou comprimés antidiabétiques
    ** Critère diagnostique : 1,26 g/l, adopté en 1997.
  • Par le Docteur Rémy ClémentEM n°1 juin / juillet 2002


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