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existe une grande variété de méthodes contraceptives, chacune plus ou moins adaptée
aux besoins des femmes. De nouveaux moyens de contraception sont sans cesse mis
au point. Il est important que les femmes les connaissent pour pouvoir choisir
celui qui leur convient le mieux en fonction de leur sexualité et de leurs conditions
de vie. | La contraception est parmi
les grands acquis des femmes au XXe siècle. L’arrivée de la pilule a représenté
une innovation majeure permettant aux femmes de devenir libres de leur fécondité,
grâce à un moyen peu contraignant, accessible à toutes et fiable. Quels bouleversements
des rôles, des habitudes et de la société ! Aujourd’hui, la situation paraît
plus confortable, voire banalisée, pour les jeunes femmes qui accèdent à leur
première contraception ou celles qui profitent de ces avancées depuis plusieurs
décennies déjà. Depuis son autorisation en France, en 1967, une génération de
femmes a pu bénéficier de la pilule. Or, on constate pourtant que le nombre
d’IVG reste important en France (comme dans le reste de l’Europe), y compris chez
les utilisatrices de la pilule contraceptive. Malgré la diffusion et la diversité
des méthodes contraceptives, on recense encore plus de 350 000 grossesses non
prévues par an en France, dont 200 000 IVG (1). Une grossesse sur trois n’est
pas prévue et 65% des grossesses non désirées interviennent chez des femmes qui
prennent la pilule (21%), utilisent un dispositif intra-utérin (9%), des préservatifs
(12%) ou une autre méthode de contraception (23%) (1). Un paradoxe certain puisque
les méthodes contraceptives sont largement répandues en France et que la pilule
est de loin l’une des plus efficaces. Chez les moins de 20 ans, 16 000 jeunes
filles sont exposées chaque année au traumatisme précoce d’une IVG et ce chiffre
est en augmentation annuelle de 2,8% chez les adolescentes (2).
L’éducation
ne finit jamais et l’information doit continuer à circuler, chez les jeunes comme
chez les moins jeunes. Personne n’est à l’abri d’une erreur et les femmes les
plus aguerries ne sont pas toujours les mieux informées, surtout quand un « accident
» (oubli, décalage de prise) survient. Autre difficulté à prendre en compte :
l’environnement culturel où la sexualité reste tabou constitue également un obstacle
à l’information contraceptive.
Les échecs de la contraception ne se limitent
pas à un problème d’information. Depuis 1998, des enquêtes ont été menées par
l’INSERM pour en déterminer les raisons profondes. Outre le déficit d’information,
l’oubli de la pilule ou le préservatif mal utilisé, d’autres mécanismes à l’origine
de ces échecs sont mis en cause, tels que : une méthode inappropriée à la vie
sexuelle ou aux conditions de vie de la femme, le non-dialogue homme/femme ou
le manque d’implication de l’homme en terme de contraception, les raisons personnelles
(une femme peut avoir un désir d’enfant inconscient ou peut chercher à « forcer
la main » à son partenaire), une situation difficile (une femme qui cumule des
problèmes socio-économiques et personnels n’est pas disponible psychologiquement
pour réfléchir à sa contraception), les rapports sexuels imprévus et occasionnels
qui atténuent le « réflexe contraception »…
Les nouveaux
moyens de contraception Ce sont peut-être ces échecs qui motivent la
recherche et la mise au point de nouveaux contraceptifs, encore plus sûrs et moins
contraignants, adaptés aux souhaits réels de la femme et du couple. Quels sont
les plus récents et ceux à venir prochainement ?
L’implant contraceptif.
En 2001, finis, ou presque, les oublis de pilule ! Le premier contraceptif sous
forme d’implant arrive en France. L’implanon® des laboratoires Organon se présente
sous la forme d’un bâtonnet souple de 4 cm de longueur et de 2 mm de diamètre.
Inséré à la face interne du bras sous simple anesthésie locale, il libère de manière
continue et pendant trois ans un progestatif qui inhibe l’ovulation, empêche la
fixation d’un éventuel œuf dans l’utérus et épaissit localement la glaire cervicale,
limitant ainsi le passage des spermatozoïdes.
Le préservatif féminin.
Il est loin d’avoir acquis la notoriété de son homologue masculin. Cher en comparaison
et peu diffusé, il reste méconnu, même si son efficacité est voisine de celle
des préservatifs masculins.
La contraception d’urgence. Quelle soit délivrée
en pharmacie, avec ou sans ordonnance, la contraception d’urgence est une méthode
efficace de « rattrapage » à utiliser après un rapport sexuel sans contraception
ou en cas d’échec de la méthode utilisée (oubli de pilule, rupture de préservatif,
etc…). Son emploi doit rester exceptionnel. Malgré sa facilité d’accès, la contraception
d’urgence n’a pas tendance à remplacer la contraception régulière et l’usage des
contraceptifs habituels augmente (3).
Le premier patch contraceptif.
La mise à disposition en 2004 d’un patch contraceptif (disponible sur prescription
en pharmacie) marque un nouveau tournant dans l’ère moderne de la contraception.
Baptisé Evra®, ce timbre utilisant la voie transdermique délivre à dose continue
une combinaison d’œstrogène et de progestérone pendant une semaine et assure une
fois posé sur la fesse, l’abdomen, le bras ou le torse, une fiabilité contraceptive
équivalente à celle de la voie orale mais avec moins de contraintes. Ce patch
doit être changé le même jour de la semaine pendant trois semaines. Un rythme
qui diminue le nombre d’oublis, comme le démontrent des études cliniques portant
sur plus de 3 000 femmes. De plus, en cas d’oubli de changement hebdomadaire le
jour J, la femme dispose d’une sécurité contraceptive de 48 heures.
Cette
méthode contraceptive largement utilisée aux Etats-Unis (trois millions de femmes)
depuis son lancement en janvier 2003, semble très bien accueillie en France. En
effet, comme le montre une étude menée par TNS-Sofrès en janvier 2004, le patch
contraceptif représente un progrès important en matière de contraception pour
86% des femmes prenant une pilule contraceptive, 81% des femmes utilisant un stérilet.
En alliant efficacité et absence de contrainte, le concept du patch contraceptif
ouvre l’éventail des choix possibles en matière de contraception. Il devrait trouver
ses adeptes notamment parmi les utilisatrices de la pilule, moins satisfaites
de leur contraception que les femmes portant un stérilet, et qui veulent se débarrasser
de la contrainte de la prise quotidienne et du risque engendré en cas d’oubli,
ce dernier concernant plus de deux utilisatrices sur trois.
Un préservatif
féminin invisible. Un nouveau procédé de protection vaginale, efficace en même
temps dans la prévention des MST, est actuellement testé au Canada. Ce nouveau
préservatif féminin se présente sous forme d’un gel incolore et inodore, de consistance
liquide, à appliquer dans le vagin avant un rapport sexuel. A la température du
corps, le produit se gélifie et tapisse les parois du vagin en formant une barrière
protectrice.
Un anneau vaginal contraceptif. Nouvellement arrivé sur
le marché français (Nuvaring®), il libère des micro-doses d’hormones oestro-progestatives
sur un cycle de 3 semaines. La femme dispose elle-même l’anneau au fond du vagin,
le garde 21 jours entiers puis le retire pour permettre les menstruations. Après
7 jours d’interruption contraceptive, elle replace un nouvel anneau.
Et les hommes... Les Américains sont en passe de
mettre au point une vaséctomie réversible qui consiste à bloquer les canaux déférents,
empêchant le sperme de se mélanger au liquide séminal. La technique consiste à
poser un système de clamp (sorte de minuscule barrette à cheveux). L’intervention
ne dure qu’une dizaine de minutes et permet de conserver intacts les canaux déférents.
(1) Enquête Cocon (étude de cohorte des pratiques contraceptives en France
métropolitaine initiée par l’Inserm en l’an 2000). (2) Rapport ministériel
sur l’IVG en France, février 1999 (3) Source : Association française pour
la contraception
Les Françaises et la contraception
• 61% des femmes françaises âgées de
15 à 49 ans ont actuellement recours à un moyen de contraception. Elles utilisent
majoritairement la pilule (63% des femmes sous contraception) ou le stérilet (31%),
les autres méthodes étant marginales. L’utilisation de la pilule est significativement
plus importante chez les jeunes de 15 à 24 ans (94% vs 63% en moyenne) et les
Parisiennes (78% vs 63%). A contrario, le stérilet est davantage utilisé par les
femmes âgées et des mères de famille. • L’utilisation de la pilule est significativement
plus longue que celle du stérilet : 43% la prennent depuis plus de 10 ans (vs
27% pour le stérilet). Et si l’on s’intéresse aux jeunes femmes de 25 à 34 ans,
c’est 1 sur 2 qui prend la pilule depuis plus de 10 ans. • L’enquête TNS/Sofres
révèle encore que 65% des femmes sous pilule oublient parfois de la prendre et
ces oublis sont fréquents chez 13% d’entre elles.
Source : enquête TNS/Sofres
janvier 2004 |
info sociale :
Plus besoin de courir à droite et à gauche pour actualiser les données administratives
contenues dans la puce de la carte Vitale. Des négociations sont en train d’aboutir
entre l’assurance maladie et les syndicats des pharmaciens d’officine pour installer
des bornes de mise à jour dans les pharmacies. | | Par
le Docteur Rémy Clément | EM n°9
juin / juillet 2004 |
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