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| L’excès
de cholestérol favorise l’apparition de maladies cardiovasculaires. Comment réduire
son taux de mauvais cholestérol et augmenter le bon ? Quel régime alimentaire
adopter ? Quand faut-il prendre des médicaments ? Portrait d’un bourreau des cœurs.
| Côté pile (le bon côté), le cholestérol
est utile et indispensable à la vie. Constituant essentiel de la paroi des cellules
et de nombreuses hormones, il entre aussi dans la composition de la vitamine D
et des sels biliaires, utiles à la digestion. Côté face (le mauvais côté), il
devient nuisible à la santé lorsqu’il est présent en excès dans le sang (au-delà
de 2 g à 2,5 g par litre selon l’âge). Le « surplus » se dépose sur la paroi des
artères, dont le calibre diminue au fil du temps. Si le vaisseau se bouche, les
cellules situées en aval de la lésion ne sont plus nourries et meurent. Au niveau
du cœur, c’est l’infarctus du myocarde ; au niveau du cerveau, on parle d’accident
vasculaire cérébral ; au niveau des jambes, c’est l’artérite.
Le
cholestérol, c’est quoi ? Le cholestérol provient
pour 1/3 de notre alimentation et pour 2/3 d’une fabrication hépatique et intestinale.
Dans le sang, le cholestérol est transporté par des molécules spéciales appelées
lipoprotéines. Les LDL (low density lipoprotein) véhiculent le cholestérol qui
a tendance à s’accumuler sur les parois des artères risquant à la longue de les
obstruer en formant, ce que l’on appelle une plaque d’athérome(1), d’où le terme
de « mauvais » cholestérol. Les HDL (high density lipoprotein), au contraire,
transportent le cholestérol depuis les tissus jusqu’au foie où il sera dégradé.
Ce HDL-cholestérol est appelé « bon » cholestérol. Plus la quantité de cholestérol
totale dans le sang est élevée, plus augmente le risque d’athérosclérose au niveau
des artères coronaires (celles qui irriguent le muscle cardiaque).
Les
anomalies du métabolisme des lipides sont fréquentes. Une étude réalisée en Ile-de-France
montre que 17% de la population adulte souffre d’anomalies lipidiques, notamment
d’une hypercholestérolémie nette, supérieure à 2,50 g/l. L’excès de cholestérol
représente donc un problème majeur de santé publique. Faire la chasse aux
« mauvaises graisses », c’est le premier traitement à envisager contre l’excès
de cholestérol. En corrigeant les principales erreurs diététiques, on peut espérer
diminuer son taux de cholestérol de 10 à 15%. La première prescription du médecin
sera donc de faire adopter un régime alimentaire qui repose sur des principes
simples : remplacer le beurre par des graisses d’origine végétale, diminuer la
consommation de charcuterie et de viande grasse, préférer les yaourts ou le fromage
blanc au fromage. Ce type de régime est très efficace : il réduit jusqu’à 30%
la fréquence des infarctus. Toutefois, il peut s’avérer insuffisant et dans ce
cas, un traitement médicamenteux sera nécessaire. En effet, les études effectuées
sur ces médicaments montrent que la baisse du taux de cholestérol sanguin réduit
le risque d’infarctus du myocarde et des accidents vasculaires. De plus, elle
diminue la mortalité (20 à 30% sur cinq ans).
La thérapeutique diététique
ou médicamenteuse doit tenir compte à la fois de la concentration du HDL et du
LDL-cholestérol. Les augmentations de cholestérol sont le plus souvent de nature
plurifactorielle (antécédents familiaux, facteurs diététiques et environnementaux).
La population atteinte d'hypercholestérolémie n’est pas homogène et le conseil
doit être nuancé en fonction du type de patient (âge, sexe, poids, pathologies
associées…). La décision d’entreprendre un traitement (qu’il soit sous la
forme de régime ou de médicament) repose d’abord sur l’évaluation du « mauvais
cholestérol » (LDL). Les scientifiques ont défini quatre seuils de gravité
à partir du taux sanguin de LDL : • 1,30 g/l : « prévention secondaire »
systématique avec administration de médicaments aux patients qui ont eu un infarctus
ou un accident cardiaque ; • 1,60 g/l : médicaments s’il y a deux facteurs
de risque majeurs (hypertension artérielle, diabète, tabac, taux de HDL inférieur
à 0,35 g/l…) ; • 1,90 g/l : médicaments s’il existe un seul facteur de risque
majeur ; • 2,20 g/l : médicaments obligatoires, même sans facteur de risque
majeur. Il n’y a pas de chiffre référent pour tous les individus : le médecin
est seul juge. Quant au régime, il doit être prescrit systématiquement dès que
le cholestérol dépasse les valeurs normales.
Quel régime ? Les lipides ne doivent représenter que 30% de l’apport
calorique, ce qui permet souvent de réduire le cholestérol alimentaire à un niveau
inférieur à 300 mg/j. Le beurre sera remplacé par une margarine à teneur garantie
en acides gras essentiels. En ce domaine, l’industrie alimentaire propose aux
consommateurs attentifs à leur taux de cholestérol des produits destinés à les
aider dans leur régime. Il existe sur le marché des margarines autorisées par
la législation française dont on peut mentionner qu’elles réduisent significativement
le taux de cholestérol dans le cadre d’un régime adapté. Elles sont enrichies
en phytostérols qui sont des extraits végétaux connus pour leur action bénéfique
sur le cholestérol (elles agissent par une inhibition compétitive de l’absorption
intestinale du cholestérol). Côté huiles alimentaires, il faut privilégier également
celles d’origine végétale, riches en acides gras mono-insaturés (huile d’olive,
d’arachide, de colza) ou en acides gras polyinsaturés (huile de maïs, tournesol,
soja…). L’huile de colza, riche en Oméga 3, a un petit avantage : des données
récentes montrent que, parmi les graisses insaturées, la famille des Oméga 3 semble
avoir de multiples effets bénéfiques.
La consommation d’œufs sera limitée
à deux par semaine. Certains aliments riches en acides gras saturés comme la charcuterie
et la viande (porc, mouton) seront limités, voire supprimés, ainsi que les poissons
gras tels que le thon, les sardines… Préférer les viandes maigres ou les volailles.
Les coquillages seront à consommer avec modération.
Augmenter les aliments
sources de protéines végétales, et notamment les légumineuses telles que le soja,
sous ses différentes formes de présentation, ou encore lentilles, haricots…
Attention aux fromages gras (Comté, camembert…) : ne pas associer, si possible,
viande et fromage au même repas, sauf en petites quantités. Consommer des
fruits frais une à trois fois par jour. Ne pas oublier, pour faciliter la mise
en place d’un régime, qu’il existe des aliments à apport lipidique spécialement
réduit (plats allégés, pâtes à tartiner allégées, fromages et crèmes allégés…).
Ce régime doit s’accompagner d’une activité physique régulière et de l’arrêt du
tabac.
Médicaments : quand la diète ne suffit pas Jusqu’à la fin
des années 80, il n’y avait qu’un petit nombre de médicaments actifs mais extrêmement
efficaces : les fibrates. Plus récemment, la mise sur le marché de statines a
permis d’obtenir des résultats plus stables. Elles agissent en bloquant l’activité
d’une enzyme indispensable à la fabrication du cholestérol par le foie. L’association
du régime et d’une statine permet d’espérer une diminution importante du cholestérol
total, et même celle du « mauvais ». A condition de bien supporter ces médicaments.
Le choix du médecin, quand il est conduit à passer à la thérapeutique médicamenteuse,
sera dicté par la nature du trouble lipidique, la tolérance, le patient… Le problème
réel de l’efficacité de ces traitements est souvent lié à l’observance ou à la
persévérance du patient.
Parallèlement à la sortie d’une nouvelle statine,
légèrement plus efficace que les autres, la grande nouveauté réside dans l’arrivée
d’une nouvelle molécule, l’ezetimibe, déjà commercialisée aux Etats-Unis et qui
le serait prochainement sur le marché français. Elle agit en empêchant l’absorption
du cholestérol au niveau de l’intestin. Cette action pourrait être complémentaire
de celle des statines dont ce nouveau médicament augmenterait l’efficacité.
De plus, sa grande qualité est d’être bien tolérée. Une bonne nouvelle pour tous
ceux qui doivent prendre des traitements à vie. (1) plaques graisseuses qui
s’épaississent au fil du temps dans les vaisseaux le
bon équilibre
• cholestérol
total inférieur à 2 g/litre de sang • HDL-cholestérol
(le « bon ») : supérieur à 0,35 g/l. • LDL-cholestérol
(le « mauvais ») : inférieur à 1,3 g/l. |
Quand
faire une prise de sang ?
Si vous remplissez au moins l’une des
conditions suivantes, un examen sanguin peut être indiqué. • Vous êtes un
homme de plus de 45 ans • Vous êtes une femme de plus de 55 ans ou déjà ménopausée
• Un de vos parents a été victime, assez jeune, d’une maladie cardiovasculaire
• Vous fumez • Vous êtes obèse • Votre tension artérielle est trop élevée
• Vous êtes diabétique • Vous prenez la pilule Si les résultats de l’examen
sont normaux, attendez trois ans avant de faire effectuer le prochain dosage.
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Pour
en savoir plus sur le cholestérol et la façon de le combattre :
• Fédération française de cardiologie :
50, rue du Rocher 75008 Paris Tel : 01 44 90 83 83 • sur Internet (site pour
le grand public) : www.fruitdor-recherche.com
| | Par le Docteur Rémy Clément | EM
n°10 octobre / novembre 2004 |
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