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dossiers > 10: Cholestérol
Cholestrérol : le meilleur et le pire
L’excès de cholestérol favorise l’apparition de maladies cardiovasculaires. Comment réduire son taux de mauvais cholestérol et augmenter le bon ? Quel régime alimentaire adopter ? Quand faut-il prendre des médicaments ? Portrait d’un bourreau des cœurs.
Côté pile (le bon côté), le cholestérol est utile et indispensable à la vie. Constituant essentiel de la paroi des cellules et de nombreuses hormones, il entre aussi dans la composition de la vitamine D et des sels biliaires, utiles à la digestion. Côté face (le mauvais côté), il devient nuisible à la santé lorsqu’il est présent en excès dans le sang (au-delà de 2 g à 2,5 g par litre selon l’âge). Le « surplus » se dépose sur la paroi des artères, dont le calibre diminue au fil du temps. Si le vaisseau se bouche, les cellules situées en aval de la lésion ne sont plus nourries et meurent. Au niveau du cœur, c’est l’infarctus du myocarde ; au niveau du cerveau, on parle d’accident vasculaire cérébral ; au niveau des jambes, c’est l’artérite.

Le cholestérol, c’est quoi ?
Le cholestérol provient pour 1/3 de notre alimentation et pour 2/3 d’une fabrication hépatique et intestinale. Dans le sang, le cholestérol est transporté par des molécules spéciales appelées lipoprotéines. Les LDL (low density lipoprotein) véhiculent le cholestérol qui a tendance à s’accumuler sur les parois des artères risquant à la longue de les obstruer en formant, ce que l’on appelle une plaque d’athérome(1), d’où le terme de « mauvais » cholestérol. Les HDL (high density lipoprotein), au contraire, transportent le cholestérol depuis les tissus jusqu’au foie où il sera dégradé. Ce HDL-cholestérol est appelé « bon » cholestérol.
Plus la quantité de cholestérol totale dans le sang est élevée, plus augmente le risque d’athérosclérose au niveau des artères coronaires (celles qui irriguent le muscle cardiaque).

Les anomalies du métabolisme des lipides sont fréquentes. Une étude réalisée en Ile-de-France montre que 17% de la population adulte souffre d’anomalies lipidiques, notamment d’une hypercholestérolémie nette, supérieure à 2,50 g/l. L’excès de cholestérol représente donc un problème majeur de santé publique.
Faire la chasse aux « mauvaises graisses », c’est le premier traitement à envisager contre l’excès de cholestérol. En corrigeant les principales erreurs diététiques, on peut espérer diminuer son taux de cholestérol de 10 à 15%. La première prescription du médecin sera donc de faire adopter un régime alimentaire qui repose sur des principes simples : remplacer le beurre par des graisses d’origine végétale, diminuer la consommation de charcuterie et de viande grasse, préférer les yaourts ou le fromage blanc au fromage. Ce type de régime est très efficace : il réduit jusqu’à 30% la fréquence des infarctus. Toutefois, il peut s’avérer insuffisant et dans ce cas, un traitement médicamenteux sera nécessaire. En effet, les études effectuées sur ces médicaments montrent que la baisse du taux de cholestérol sanguin réduit le risque d’infarctus du myocarde et des accidents vasculaires. De plus, elle diminue la mortalité (20 à 30% sur cinq ans).

La thérapeutique diététique ou médicamenteuse doit tenir compte à la fois de la concentration du HDL et du LDL-cholestérol. Les augmentations de cholestérol sont le plus souvent de nature plurifactorielle (antécédents familiaux, facteurs diététiques et environnementaux). La population atteinte d'hypercholestérolémie n’est pas homogène et le conseil doit être nuancé en fonction du type de patient (âge, sexe, poids, pathologies associées…).
La décision d’entreprendre un traitement (qu’il soit sous la forme de régime ou de médicament) repose d’abord sur l’évaluation du « mauvais cholestérol » (LDL).
Les scientifiques ont défini quatre seuils de gravité à partir du taux sanguin de LDL :
• 1,30 g/l : « prévention secondaire » systématique avec administration de médicaments aux patients qui ont eu un infarctus ou un accident cardiaque ;
• 1,60 g/l : médicaments s’il y a deux facteurs de risque majeurs (hypertension artérielle, diabète, tabac, taux de HDL inférieur à 0,35 g/l…) ;
• 1,90 g/l : médicaments s’il existe un seul facteur de risque majeur ;
• 2,20 g/l : médicaments obligatoires, même sans facteur de risque majeur.
Il n’y a pas de chiffre référent pour tous les individus : le médecin est seul juge. Quant au régime, il doit être prescrit systématiquement dès que le cholestérol dépasse les valeurs normales.

Quel régime ?

Les lipides ne doivent représenter que 30% de l’apport calorique, ce qui permet souvent de réduire le cholestérol alimentaire à un niveau inférieur à 300 mg/j. Le beurre sera remplacé par une margarine à teneur garantie en acides gras essentiels. En ce domaine, l’industrie alimentaire propose aux consommateurs attentifs à leur taux de cholestérol des produits destinés à les aider dans leur régime. Il existe sur le marché des margarines autorisées par la législation française dont on peut mentionner qu’elles réduisent significativement le taux de cholestérol dans le cadre d’un régime adapté. Elles sont enrichies en phytostérols qui sont des extraits végétaux connus pour leur action bénéfique sur le cholestérol (elles agissent par une inhibition compétitive de l’absorption intestinale du cholestérol). Côté huiles alimentaires, il faut privilégier également celles d’origine végétale, riches en acides gras mono-insaturés (huile d’olive, d’arachide, de colza) ou en acides gras polyinsaturés (huile de maïs, tournesol, soja…). L’huile de colza, riche en Oméga 3, a un petit avantage : des données récentes montrent que, parmi les graisses insaturées, la famille des Oméga 3 semble avoir de multiples effets bénéfiques.

La consommation d’œufs sera limitée à deux par semaine. Certains aliments riches en acides gras saturés comme la charcuterie et la viande (porc, mouton) seront limités, voire supprimés, ainsi que les poissons gras tels que le thon, les sardines… Préférer les viandes maigres ou les volailles. Les coquillages seront à consommer avec modération.

Augmenter les aliments sources de protéines végétales, et notamment les légumineuses telles que le soja, sous ses différentes formes de présentation, ou encore lentilles, haricots…

Attention aux fromages gras (Comté, camembert…) : ne pas associer, si possible, viande et fromage au même repas, sauf en petites quantités.
Consommer des fruits frais une à trois fois par jour. Ne pas oublier, pour faciliter la mise en place d’un régime, qu’il existe des aliments à apport lipidique spécialement réduit (plats allégés, pâtes à tartiner allégées, fromages et crèmes allégés…). Ce régime doit s’accompagner d’une activité physique régulière et de l’arrêt du tabac.

Médicaments : quand la diète ne suffit pas
Jusqu’à la fin des années 80, il n’y avait qu’un petit nombre de médicaments actifs mais extrêmement efficaces : les fibrates. Plus récemment, la mise sur le marché de statines a permis d’obtenir des résultats plus stables. Elles agissent en bloquant l’activité d’une enzyme indispensable à la fabrication du cholestérol par le foie. L’association du régime et d’une statine permet d’espérer une diminution importante du cholestérol total, et même celle du « mauvais ». A condition de bien supporter ces médicaments. Le choix du médecin, quand il est conduit à passer à la thérapeutique médicamenteuse, sera dicté par la nature du trouble lipidique, la tolérance, le patient… Le problème réel de l’efficacité de ces traitements est souvent lié à l’observance ou à la persévérance du patient.

Parallèlement à la sortie d’une nouvelle statine, légèrement plus efficace que les autres, la grande nouveauté réside dans l’arrivée d’une nouvelle molécule, l’ezetimibe, déjà commercialisée aux Etats-Unis et qui le serait prochainement sur le marché français. Elle agit en empêchant l’absorption du cholestérol au niveau de l’intestin. Cette action pourrait être complémentaire de celle des statines dont ce nouveau médicament augmenterait l’efficacité.
De plus, sa grande qualité est d’être bien tolérée. Une bonne nouvelle pour tous ceux qui doivent prendre des traitements à vie.
(1) plaques graisseuses qui s’épaississent au fil du temps dans les vaisseaux

le bon équilibre
cholestérol total inférieur à 2 g/litre de sang
HDL-cholestérol (le « bon ») : supérieur à 0,35 g/l.
LDL-cholestérol (le « mauvais ») : inférieur à 1,3 g/l.


Quand faire une prise de sang ?
Si vous remplissez au moins l’une des conditions suivantes, un examen sanguin peut être indiqué.
• Vous êtes un homme de plus de 45 ans
• Vous êtes une femme de plus de 55 ans ou déjà ménopausée
• Un de vos parents a été victime, assez jeune, d’une maladie cardiovasculaire
• Vous fumez
• Vous êtes obèse
• Votre tension artérielle est trop élevée
• Vous êtes diabétique
• Vous prenez la pilule
Si les résultats de l’examen sont normaux, attendez trois ans avant de faire effectuer le prochain dosage.


Pour en savoir plus sur le cholestérol
et la façon de le combattre :

• Fédération française de cardiologie : 50, rue du Rocher 75008 Paris Tel : 01 44 90 83 83
• sur Internet (site pour le grand public) : www.fruitdor-recherche.com
Par le Docteur Rémy ClémentEM n°10 octobre / novembre 2004


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