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dossiers > 12: Asthme
Asthme : éduquer pour soigner
En dépit des progrès thérapeutiques et d’une meilleure connaissance de la maladie, l’asthme reste une affection fréquente, mal contrôlée à long terme et potentiellement sévère. L’éducation du patient asthmatique tient une grande place dans l’objectif d’assurer une prise en charge optimale.
On estime que 3,5 à 4 millions de personnes souffrent d’asthme en France. Cette maladie chronique génère 840 000 journées d’hospitalisation et provoque 2 000 décès par an (source : association Asthme & Allergies). L’asthme est la maladie respiratoire chronique la plus courante chez les enfants et serait responsable du quart de l’absentéisme scolaire.

C’est une maladie dont la fréquence augmente dans tous les pays industrialisés, notamment chez les enfants, sans que l’origine de cette progression soit bien établie : tabagisme, pollution ? Ces deux facteurs jouent un rôle aggravant indiscutable de la maladie asthmatique mais ne rendent pas la maladie plus fréquente.

Même si aujourd’hui l’efficacité des traitements est telle qu’elle devrait permettre à la très grande majorité des asthmatiques de vivre normalement, 50% des patients ne sont pas correctement traités. Beaucoup d’entre eux se plaignent des répercussions de la maladie sur leur qualité de vie (crises fréquentes, arrêts de travail, fatigue permanente, hospitalisations…). En réalité, leur asthme n’est pas correctement équilibré.

Selon les experts internationaux, l’asthme bien contrôlé peut notamment se définir par l’absence de symptômes respiratoires, de crise, de recours aux services d’urgence, de réveils nocturnes dus à l’asthme et une fonction respiratoire normale.

Or, des études récentes montrent qu’il y a malheureusement toujours un grand nombre de patients qui vivent avec un asthme mal équilibré. Les asthmatiques sous-estiment la gravité de leurs symptômes, se décidant parfois trop tard à entreprendre leur traitement ou à le renforcer. Cela les conduit à une crise grave, voire à une hospitalisation ou à un décès dans les cas extrêmes.
Qu’est-ce que
l’asthme ?
L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des bronches qui provoque une obstruction bronchique (rétrécissement du calibre des bronches) de degré variable et une hyper-réactivité bronchique (sensibilité anormale avec aptitude à se contracter facilement) se manifestant dans des situations très diverses, en réponse à des stimuli variés (allergènes inhalés, substances irritantes, air froid, agents infectieux tels que les virus).

La première crise d’asthme peut survenir dans des conditions très variées et à n’importe quel âge, mais le plus souvent chez une personne ayant déjà présenté des manifestations allergiques diverses (eczéma, rhinite allergique…) ou ayant dans sa famille proche des personnes asthmatiques. La crise d’asthme est un épisode transitoire de gêne respiratoire d’une durée de quelques minutes à quelques heures. Une toux sèche, spasmodique, à type d’irritation, est souvent le premier signe de la crise. Elle s’accentue en position allongée, s’accompagnant de sifflements dans la poitrine (mais attention ! tout ce qui siffle n’est pas forcément de l’asthme et l’asthme n’entraîne pas toujours de sifflements). Elle diminue lorsque le sujet s’assoit dans son lit ou se lève. La personne en crise éprouve une sensation d’étouffement et sa gêne respiratoire est surtout ressentie lorsqu’elle expire.

L’exacerbation de l’asthme est une aggravation des symptômes persistant pendant plus d’une journée. A l’inverse, l’asthme peut ne pas se manifester pendant des périodes longues.
Les différents stades cliniques (*)
de l’asthme
Fréquence des signes cliniques Stade clinique
Crises d’asthme
ou de gêne respiratoire
Manifestations d’asthme
nocturne
Permanente Presque toutes les nuits 4 : asthme persistant sévère
1 ou 2 fois par jour 2 à 4 fois par semaine 3 : asthme persistant
De 1 à 6 fois par semaine 2 à 4 fois par mois 2 : asthme persistant
Moins de 3 fois par mois Moins de 2 fois par mois 1 : asthme intermittent
(*) Seule la fréquence la plus élevée est prise en compte pour classer l ’individu

QUELQUES ASTHMATIQUES CÉLÈBRES
Ernesto Che Guevara,
Léon Gambetta,
Marcel Proust,
Mark Spitz.
Votre asthme est-il bien contrôlé ?
Sur le dernier mois :
- Combien de fois avez-vous utilisé votre bronchodilatateur d’action rapide et de courte durée ?
Aucune utilisation
Moins d’une fois par semaine
Plusieurs fois par semaine
Tous les jours
- Combien de fois avez-vous ressenti une gêne respiratoire pendant la journée ?
Aucune gêne
Moins d ’une fois par semaine
Plusieurs fois par semaine
Tous les jours
- Avez-vous dû consulter un médecin en urgence pour une gêne respiratoire ?
Oui
Non
- Combien de fois avez-vous été réveillé(e) par une gêne respiratoire ?
Pas de gêne respiratoire nocturne
Moins d’une fois par semaine
Plus d’une fois par semaine
Pratiquement toutes les nuits
- Vous êtes-vous senti(e)limité(e)par une gêne respiratoire dans vos activités habituelles ?(ex.:ménage,activités profes- sionnelles,etc.)
Oui
Non
Résultats :

Asthme bien contrôlé
uniquement des réponses
Contrôle de l ’asthme perfectible
au moins une réponse
Asthme non contrôlé
au moins une réponse
Si vous avez coché des réponses jaune ou rouge, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.
CONTACTS UTILES :
Association Asthme et allergies : 3 Rue Hamelin 75116 Paris. Tél :01 47 55 03 56 www.asmanet.com
«asthme et allergies infos services» Numéro vert : 0800 19 20 21 (appel gratuit)
Sites Internet :www.allergienet.com et www.allergonet.com
Les traitements
de l’asthme
La thérapeutique repose fondamentalement sur l’emploi de médicaments qui dilatent les bronches (bronchodilatateurs) et de médicaments qui diminuent l’inflammation (les anti-inflammatoires). Dans l’asthme persistant, les bronchodilatateurs ne doivent pas être pris seuls de façon continue. En effet, sans anti-inflammatoire associé, leur action n’est que ponctuelle ; l’inflammation étant toujours présente, les bronches auront toujours tendance à se contracter à nouveau. Pour cette raison, il est nécessaire de prendre tous les jours un traitement de fond associant un bronchodilatateur et un anti-inflammatoire, même si on ne ressent aucun symptôme. En règle générale, les traitements prolongés de l’asthme sont bien tolérés. Par ailleurs, la prise d’un traitement régulier n’engendre pas d’accoutumance, ni de perte de son effet. Ils sont prioritairement inhalés pour des raisons d’efficacité et de tolérance, le choix du dispositif (1) devant être adapté pour chaque patient. Les aérosols-doseurs nécessitent une maîtrise des techniques d’inhalation. Or, près de la moitié des patients ne parvient pas à s’en servir correctement. Le recours aux chambres d’inhalation est particulièrement intéressant lorsque la synchronisation mains/poumons est difficile (personnes âgées et enfants).
Conseils sur les techniques d’utilisation
(1)Dispositif Conduite à tenir
Aérosols doseurs
. secouer l ’aérosol doseur et ôter le capuchon .expirer lentement et profondément
. expirer lentement et profondément
. mettre l ’embout dans la bouche.Bien serrer les lèvres
. déclencher l ’aérosol doseur au début d ’une inspiration lente et profonde
. maintenir une apnée (ne pas respirer)d ’au moins 5 secondes
. se rincer la bouche (avec les corticoïdes inhalés seulement)
Chambres d’inhalation
. secouer l ’aérosol doseur et fixer l ’embout de l ’aérosol dans l'orifice de la chambre
. mettre l ’embout de la chambre dans la bouche et serrer les lèvres
. respirer par la bouche de façon ample et lente ;presser l ’aérosol
Inhalateurs de poudre .
. préparer l’inhalateur (variable selon l’appareil choisi)
. expirer lentement et profondément
. mettre l ’embout dans la bouche et serrer les lèvres
. effectuer une inspiration rapide et profonde
. maintenir une apnée de quelques secondes
Par le Docteur Rémy Clément EM n°12 mars / avril 05


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Site mis à jour le jeudi 19 avril 2007
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